PORT-AU-PRINCE, 29 Janvier - La période qui suivit l'accession en 1971 de Jean Claude Duvalier à la présidence à vie, après la mort de son père François Duvalier dit Papa Doc, a été marquée par une intense activité répressive.Avec à sa tête un jeune président de 19 ans sans grande expérience, le pouvoir dominé par les dinosaures autour de la mère du président, Mme Simone Duvalier, voyait des ennemis partout.
Y compris en son propre sein où les règlements de compte se multipliaient.
Les premiers écartés sont la sœur du président Marie Denise et surtout son époux, l'ex-colonel Max Dominique, qui ne masquait point son ambition de remplacer aussi rapidement que possible le trop plein de soupe installé dans le fauteuil.
Max Dominique et Marie Denise sont rapidement catapultés dans une mission diplomatique en Europe.
Le vrai maître du pouvoir s'appelle lors Luckner Cambronne, ministre de l'intérieur et de la défense, et bras droit de la veuve Simone Duvalier.
Cambronne passa plus de temps à opérer des arrestations qu'à tout autre chose. On lui doit ainsi l'arrestation en 1973 de l'ex-colonel Max Bazelais et de plusieurs autres anciens officiers de l'armée.
Interrogé aux Casernes Dessalines, Bazelais passa quelque temps dans la prison de Fort Dimanche. Il fut relâché en 1974 mais gravement malade. Il mourut peu après.
Pendant que le ministre Luckner Cambronne conçut pour enrichir les caisses de la famille Duvalier, ainsi que les siennes, de transformer Haïti en fournisseur de sang et de cadavres aux laboratoires du monde entier.
La presse internationale s'en mêla. Scandale. Cambronne dut laisser le pouvoir et céder la place à son adversaire le plus acharné.