PORT-AU-PRINCE, 27 Juin - La politique, comme la nature, a horreur du vide. Ce n'est ni aucune opposition politique, ni une erreur plus grosse qu'une autre du gouvernement en place qui propulse le mouvement de contestation qui chaque jour gagne encore plus de terrain, avec à sa tête une poignée d'étudiants. Ni même réellement la question du salaire minimum, ledit mouvement ayant décidé à l'avance de faire flèche de tout bois et de rester sourd à tout appel à la raison.
Le moteur des manifestations de rues qui font rage depuis maintenant un mois dans la capitale haïtienne, c'est l'immense vide que le pouvoir a laissé se constituer.
A tous les niveaux. Et sans aucun espoir d'en sortir sous le pouvoir actuel, vu que cette faiblesse semble être dans la nature même de ce pouvoir.
Nous voulons dire par là que le vide pourrait être une composante de la nature de la présidence à la Préval. Prenons son refus de s'adresser directement aux autres acteurs de la crise actuelle du salaire minimum. Par exemple, en faisant lire par un autre le message audio de ses objections à la nouvelle loi.
Tout comme dans un moment comme celui-ci (où c'est toute la nation qui est préoccupée) on s'attendrait que le Président de la république se présente en personne devant l'assemblée des parlementaires pour plaider la cause.