Le défi Cubain !
MIAMI, 18 Février – Comment renverser un gouvernement dont on ne peut accuser les dirigeants d’enrichissement sur le dos du peuple ni de constituer une menace pour les pays voisins, or c’est devant ce dilemme que, pense-t-on, doit se trouver actuellement le gouvernement Trump par rapport à Cuba.
Le président américain a décidé de renverser le régime Cubain mais comme sur un coup de tête …
Puisque c’est le président vénézuélien Nicolas Maduro qui était le principal support de La Havane et que celui-ci vient d’être renversé par Trump, pourquoi alors ne pas en finir aussi avec le régime cubain … attendu que c’est le pétrole vénézuélien qui est sa seule source d’énergie.
Aussitôt annonce la Maison Blanche : sera frappé de sanctions et de lourds droits de douane tout pays ou entité livrant du pétrole à La Havane.
Et d’abord cela semble marcher.
Jusqu’au Mexique qui stoppe ses envois en ‘énergie’ pour de l’aide humanitaire tandis que le Canada dépêche des avions vides pour rapatrier ses touristes, une des principales sources de revenus de l’île.
Les reportages décrivent un peuple cubain qui sans ‘carburant’ se trouve bloqué dans toutes ses activités …
On lit par exemple : « L'étau des Etats-Unis pour réduire les entrées de devises à Cuba se resserre : tandis que sous la pression de Washington plusieurs pays remettent en cause les accords pour recevoir des médecins cubains, le blocus énergétique touche durement le tourisme et le tabac.”
Comme on sait « l'envoi de missions médicales à l'étranger (y compris chez nos voisins Caribéens) constitue une importante source de devises étrangères pour l'île, soit sept milliards de dollars en 2025, d'après des chiffres officiels. »
Or ce qu’il faut aussi rappeler c’est justement que Cuba est le seul pays de toute l’Amérique latine disposant de plus de personnel médical qu’il lui en faut …
Pour ne pas dire le pays le plus avancé dans tous ces domaines (santé, instruction publique, lutte contre la pauvreté serait-ce avec les moyens du bord …) avec une population estimée aujourd’hui à 11 millions d’âmes.
Secundo : quels sont les reproches de l’administration Trump ?
On n’en entend véritablement aucun.
Comme quoi le président américain veut changer le régime cubain parce que c’est comme ça …
Cuba c’est l’ennemi héréditaire. C’est Fidel Castro mettant Washington au bord de la guerre nucléaire avec l’Union soviétique lors de la Crise des missiles en 1962.
Jusqu’à encore récemment accusé d’exporter le communisme chez ses voisins, d’où en retour le support de Washington pendant environ 30 ans, jusqu’en 1986, à la terrible dictature Duvalier …
Mais le communisme n’est plus …
Justement personne ne semble prêt, ni Moscou ni Pékin, à se jeter à l’eau pour cet allié comme autrefois. En tout cas on n’a encore rien vu de concret.
Côté carburant le deal c’était du pétrole en échange d’une garde prétorienne pour le président vénézuélien Nicolas Maduro …
Ce à quoi le président Trump vient de mettre fin. Espérant par là en finir aussi avec le régime ‘castriste’ …
Mais la réponse tarde à venir.
Car Cuba n’est pas la dictature ‘ordinaire’ genre Duvalier, Somoza et consorts, y compris Batista qui a été renversé par Castro en 1959 … avec le dictateur toujours prêt à s’enfuir avec un immense trésor laissant un pays totalement appauvri et revenu à l’âge de la pierre.
Jusqu’ici on n’a entendu Trump lui-même accuser aucun membre du pouvoir cubain actuel d’enrichissement illicite sur le dos du peuple …
Bien au contraire c’est le peuple le plus avancé au niveau développement individuel (comme on peut lire sur toutes les antennes numériques) : « L'espérance de vie à la naissance à Cuba est élevée, estimée à environ 78 à 79 ans en 2025-2026, plaçant le pays parmi les meilleurs dans la région des Caraïbes et comparable aux nations développées. Elle se situe autour de 76 ans pour les hommes et 81 ans pour les femmes, malgré des défis liés au tabagisme et à l'hypertension.”
Conclusion donc : certes Cuba est classé actuellement de pays ‘pauvre mais pas sous-développé’ et c’est là une totale différence.
Cuba est donc un défi.
Mais un défi y compris pour les adversaires traditionnels du régime. Le président Trump veut amener, dit-il, le régime cubain à la table des négociations.
Négociations oui, reddition absolue non.
Car ce n’est pas Haïti dont il suffit d’envoyer un destroyer dans la baie de la capitale pour solutionner le problème.
N’est-ce pas ?
Marcus Garcia, Haïti en Marche, 18 Février 2026