MIAMI, 15 Avril – Devant un auditorium du Little-Haiti Cultural Center à Miami rempli aux trois quarts s’est joué mardi (14 avril) un film intitulé ‘Dual Citizen’ (Double Nationalité) …
Aussitôt cela vous dit Haïti. Quel challenge ? Etre citoyen américain tout en restant encore haïtien. Ne le dîtes pas trop fort car cela pourrait compliquer davantage encore la situation avec l’hôte actuel de la Maison Blanche, n’est-ce pas.
Dual Citizen, double nationalité ?
C’est en effet le vœu formulé dans la constitution haïtienne de 1987 votée après la chute de la dictature Duvalier …
Combien qui y ont fait honneur ?
Beaucoup ne savent peut-être même pas de quoi réellement il s’agit. D’ailleurs ce que la Constitution dit d’un côté une loi de l’autre vient le contredire, tiens tiens ! Mais c’est ça Haïti, pays de toutes les contradictions, ‘pays de rêve pays d’amour’ comme dit la chanson mais aussi, oui pays le plus pauvre du continent américain comme on nous le serine depuis notre venue au monde …
Alors quelle folie de vouloir aussi avoir la nationalité de ce pays-là quand on a celle du pays le plus riche de la terre, United States of America ?
Quelle folie au point de subitement vouloir sortir son pauvre papa de son exil new yorkais, c’est-à-dire ce dernier après avoir vécu les années les plus florissantes de sa vie : travail dur certes, et surtout avoir la nationalité américaine, donc voter pour la première de sa vie car en Haïti en ce temps-là c’était la dictature à vie et ainsi de suite pour assurer un meilleur devenir à la famille et enfin … enfin la retraite !
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MIAMI, 22 Mars – Cérémonie hommage à Jesse Jackson par la communauté haïtienne de Miami le samedi 21 mars écoulé ; le célèbre leader de la lutte pour les droits civiques et grand défenseur de la diaspora haïtienne ainsi que d’Haïti, qui est décédé le 27 février dernier à l’âge de 84 ans …
Un petit groupe dans la communauté haïtienne de Miami a compris qu’il était juste de lui rendre hommage pour son apport à la lutte pour faire admettre officiellement la présence haïtienne aux Etats-Unis …
Et plus tard aussi dans la libération d’Haïti des griffes de la dictature.
Huguette Hérard
Les États-Unis et Israël mettent en danger le monde entier !
Ceux qui ont connu la guerre froide en viennent parfois à la regretter : la rivalité URSS–États-Unis, encadrée et « lisible », imposait des limites. Depuis la chute du rideau de fer, ce frein a sauté : la guerre s’affiche davantage, l’opinion publique pèse moins, et les grandes puissances se retiennent moins. C’est dans ce contexte que s’inscrit la nouvelle escalade contre l’Iran, attisée par les États-Unis et Israël.
Au début, quand il était candidat, Donald Trump affirmait qu’il n’allait pas « s’occuper du monde », mais se concentrer sur l’Amérique afin de lui redonner sa splendeur d’antan : d’où son fameux MAGA. Dans plusieurs pays fatigués des ingérences américaines — souvent néfastes — cette promesse a suscité un certain soulagement : on voulait croire que l’Oncle Sam cesserait de jouer le gendarme du monde. Y avoir cru s’est révélé bien naïf.
Cette illusion d’une Amérique devenue pacifique a même été brièvement entretenue quand Trump a dit vouloir rencontrer Vladimir Poutine pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Mais cela n’aurait été, au mieux, qu’un effet d’annonce — de la poudre aux yeux.
Dans les faits, la dynamique est tout autre. Un mois après avoir fait kidnapper le président vénézuélien dans son propre pays, sous prétexte qu’il serait un dictateur et un trafiquant de drogue, les États-Unis — alliés à Israël — ont franchi un nouveau seuil : l’attaque de l’Iran le 28 février 2026.
D’après des informations publiées ce même jour, puis reprises et confirmées ensuite par des médias s’appuyant sur des sources officielles iraniennes (médias d’État), le guide suprême iranien Ali Khamenei et des proches (1) auraient été tués lors des frappes. Selon Reuters, l’Iran aurait également annoncé des dispositions constitutionnelles de transition, incluant la mise en place d’un conseil de direction temporaire, en attendant la désignation d’un successeur.
MIAMI, 18 Février – Comment renverser un gouvernement dont on ne peut accuser les dirigeants d’enrichissement sur le dos du peuple ni de constituer une menace pour les pays voisins, or c’est devant ce dilemme que, pense-t-on, doit se trouver actuellement le gouvernement Trump par rapport à Cuba.
Le président américain a décidé de renverser le régime Cubain mais comme sur un coup de tête …
Puisque c’est le président vénézuélien Nicolas Maduro qui était le principal support de La Havane et que celui-ci vient d’être renversé par Trump, pourquoi alors ne pas en finir aussi avec le régime cubain … attendu que c’est le pétrole vénézuélien qui est sa seule source d’énergie.
Aussitôt annonce la Maison Blanche : sera frappé de sanctions et de lourds droits de douane tout pays ou entité livrant du pétrole à La Havane.
Et d’abord cela semble marcher.
Jusqu’au Mexique qui stoppe ses envois en ‘énergie’ pour de l’aide humanitaire tandis que le Canada dépêche des avions vides pour rapatrier ses touristes, une des principales sources de revenus de l’île.
Les reportages décrivent un peuple cubain qui sans ‘carburant’ se trouve bloqué dans toutes ses activités …
On lit par exemple : « L'étau des Etats-Unis pour réduire les entrées de devises à Cuba se resserre : tandis que sous la pression de Washington plusieurs pays remettent en cause les accords pour recevoir des médecins cubains, le blocus énergétique touche durement le tourisme et le tabac.”
Comme on sait « l'envoi de missions médicales à l'étranger (y compris chez nos voisins Caribéens) constitue une importante source de devises étrangères pour l'île, soit sept milliards de dollars en 2025, d'après des chiffres officiels. »
Or ce qu’il faut aussi rappeler c’est justement que Cuba est le seul pays de toute l’Amérique latine disposant de plus de personnel médical qu’il lui en faut …
Pour ne pas dire le pays le plus avancé dans tous ces domaines (santé, instruction publique, lutte contre la pauvreté serait-ce avec les moyens du bord …) avec une population estimée aujourd’hui à 11 millions d’âmes.
Secundo : quels sont les reproches de l’administration Trump ?
On n’en entend véritablement aucun.
Comme quoi le président américain veut changer le régime cubain parce que c’est comme ça …
Cuba c’est l’ennemi héréditaire. C’est Fidel Castro mettant Washington au bord de la guerre nucléaire avec l’Union soviétique lors de la Crise des missiles en 1962.
Comment le 7 février était un piège !
MIAMI, 11 Février – 7 février 1986 – 7 février 2026 la date que nous commémorons cette semaine c’est avant tout un malentendu. Voyons voir ça.
En effet exactement une semaine avant sa chute que Baby Doc faisait encore la tournée en ville pour montrer qu’il tenait toujours solidement le pouvoir selon sa formule ‘nou kanpe rèd kou yon ke makak’ … Ou encore ‘la présidence à vie n’est pas négociable.’
Mais en même temps déjà que les rats quittent le navire. En effet on se précipitait à l’aéroport de Miami pour voir ministres X et Y déjà en route pour l’exil celui-ci pour le Canada tel autre la France.
Puis la veille du 7 février tombe de Washington le dernier avertissement : ‘l’avion arrive demain de Guantanamo et c’est la dernière chance …’.
C’est peut-être la première fois de sa vie que Jean Claude Duvalier eut à prendre une décision tout seul. La photo historique le montre lui-même au volant au petit jour avec la première dame fumant comme une cheminée … Mais apparemment sans avoir dit un mot aux ‘tontons macoutes’ puisque ces derniers se feront cueillir à bout portant par le petit peuple c’est la naissance d’un terme célèbre mais horrible : ‘pè lebren’ ou pire encore ‘taso makout’ traduisez le supplice du feu.
Mais c’est en diaspora qu’est vraiment le spectacle même quand rien n’y avait laissé prévoir ce dénouement. Le temps des ‘débarquements’ de rebelles ou ‘camoquens’ c’était loin déjà …
En tout cas coup de théâtre : aussitôt la scène politique à Port-au-Prince Haïti est prise d’assaut par une nouvelle catégorie de messieurs-dames comme tombés du ciel tous revendiquant d’avoir chassé eux-mêmes le tyran comme quoi rien ne s’était passé au pays même.
Soudain aussi de nouvelles épithètes se mirent à fleurir. Après trente ans d’interdiction totale, sous peine de finir à la prison-mouroir de Fort-Dimanche, soudain et jusque dans le beau monde à Port-au-Prince voici que c’est presque la mode de se proclamer communiste, du moins socialiste etc … Ce sont les épithètes de camarade X et Y aussitôt sur toutes les ondes. Et lors d’une visite du secrétaire d’état américain George Schütz en plein Champ-de-Mars on brûle le drapeau étoilé. Grand moment de défoulement. Or c’est là le piège. Parce que ce n’est pas l’opposition haïtienne ou diaspora qui a fait le 7 février 1986 mais c’est le gouvernement américain. Et l’un des plus conservateurs, le gouvernement Reagan.