WASHINGTON, dimanche 28 juin 2026 (RHINEWS) – Le gouverneur républicain de l’Ohio, Mike DeWine, a exhorté dimanche le président Donald Trump à reconsidérer sa décision de mettre fin au Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens, quelques jours après que la Cour suprême des États-Unis a autorisé l’administration à supprimer cette protection.
Interrogé sur une chaîne de télévision américaine, le gouverneur a reconnu que la plus haute juridiction du pays avait confirmé la légalité de la décision fédérale, tout en estimant qu’elle ne constituait pas, selon lui, « la bonne décision ».
« Je pense que c’est une erreur. Je demanderais au président de reconsidérer cette décision », a déclaré Mike DeWine.
Le gouverneur a souligné que les conditions de sécurité en Haïti demeurent extrêmement préoccupantes et qu’il serait dangereux d’y renvoyer des personnes bénéficiant jusqu’à présent du TPS.
« Je ne pense pas qu’il soit sûr, à l’heure actuelle, de renvoyer des gens en Haïti », a-t-il affirmé, évoquant l’instabilité persistante et la violence qui frappent le pays.
Mike DeWine a également insisté sur la contribution économique des Haïtiens installés dans son État. Selon lui, plusieurs milliers d’entre eux occupent des emplois essentiels, notamment dans les secteurs de la santé, de l’industrie manufacturière et d’autres activités confrontées à une pénurie de main-d’œuvre.
« Ces personnes travaillent dur. Elles occupent des emplois dont nous avons besoin. Elles contribuent à notre économie », a-t-il déclaré.
L’Ohio, en particulier la ville de Springfield, accueille depuis plusieurs années une importante communauté haïtienne, dont de nombreux membres vivent et travaillent légalement aux États-Unis grâce au TPS.
Les déclarations du gouverneur interviennent quelques jours après que la Cour suprême a autorisé l’administration Trump à mettre fin aux protections contre l’expulsion dont bénéficiaient environ 350 000 ressortissants haïtiens ainsi qu’environ 6 000 Syriens. Cette décision ouvre la voie à la révocation de leur autorisation de séjour et de travail, sous réserve des procédures administratives prévues par le gouvernement fédéral.
De son côté, le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a indiqué que les bénéficiaires du TPS devraient soit obtenir un autre statut migratoire leur permettant de demeurer légalement aux États-Unis, soit préparer leur retour dans leur pays d’origine. Il a également annoncé que le gouvernement était disposé à offrir une aide financière et logistique aux personnes choisissant un retour volontaire.
Les déclarations de Mike DeWine marquent l’une des critiques les plus importantes formulées par un gouverneur républicain à l’égard de cette politique migratoire de l’administration Trump, alors que le débat se poursuit sur les conséquences humanitaires et économiques de la fin du TPS pour les ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis.
SANTO DOMINGO, dimanche 28 juin 2026 (RHINEWS)– Le Collectif HaitianosRD affirme avoir documenté un « état d’exception de facto » contre les personnes d’origine haïtienne en République dominicaine entre 2021 et le milieu de l’année 2025. Dans un rapport intitulé Déportations massives et état d’exception en République dominicaine , l’organisation recense 54 décès liés aux opérations migratoires, des milliers de détentions arbitraires, des expulsions collectives et des violations répétées des droits fondamentaux.
Selon le rapport, les 54 personnes d’origine haïtienne décédées au cours de cette période auraient perdu la vie lors de poursuites menées par les autorités, sous leur garde ou à la suite de tirs effectués par des policiers et des militaires. Le Collectif estime que ces cas traduisent « un usage disproportionné de la force » dans le cadre des contrôles migratoires.
L’organisation indique avoir réalisé 28 entretiens avec des victimes haïtiennes et dominicaines d’ascendance haïtienne. Les témoignages recueillis évoquent des extorsions, des insultes racistes, des arrestations sans mandat, des perquisitions illégales, ainsi que l’absence d’examen individuel des dossiers avant les expulsions.
Le rapport souligne également l’ampleur des déportations au cours des cinq dernières années. Des données officielles citées dans l’étude font état de 44 020 Haïtiens expulsés en 2021. Parmi les 4 349 femmes déportées cette année-là, 627 portaient un bébé. Le Collectif rappelle aussi que 82 269 Haïtiens avaient été expulsés en 2019 et 23 664 en 2020, avant le durcissement de la politique migratoire à partir de 2021. Pour 2023, les chiffres mentionnés dans le rapport évoquent environ 174 602 expulsions, tandis que d’autres estimations portant à la fois sur les déportations et les rapatriements dépassent 250 000 personnes. En 2024, le gouvernement dominicain a annoncé un plan visant à renvoyer jusqu’à 10 000 personnes par semaine.
Le Collectif affirme que ces opérations massives rendent pratiquement impossible le respect du droit à un recours effectif et du principe du contradictoire. « Les déportations massives et le profilage racial ont conduit à une suspension de fait de la Constitution dominicaine », soutient l’organisation.
Les auteurs du rapport insistent particulièrement sur la situation des femmes enceintes. Ils dénoncent des mesures qui auraient restreint l’accès des migrantes haïtiennes aux hôpitaux publics, certaines femmes enceintes étant arrêtées ou menacées d’expulsion après avoir sollicité des soins. Des experts des Nations unies avaient déjà condamné en 2023 la détention et la déportation de femmes haïtiennes enceintes ou en post-partum, estimant que ces pratiques mettaient en danger leur santé et celle de leurs enfants.
Le rapport évoque aussi des conditions de détention qualifiées d’« infrahumaines ». Des personnes arrêtées auraient été maintenues dans des centres de rétention surpeuplés, sans accès suffisant à l’eau, à l’hygiène ou aux soins médicaux. Des témoignages font état de familles séparées, de personnes détenues pendant plusieurs jours sans information sur leur situation et de migrants enfermés dans des locaux privés assimilés à des centres carcéraux.
Le Collectif dénonce également une pratique appelée « épuration documentaire », consistant à interpeller des personnes pourtant munies de documents valides afin de les transférer dans des centres de rétention pour vérification de leur statut. L’organisation estime que cette procédure viole la présomption d’innocence et la liberté de circulation.
Selon le rapport, les politiques migratoires appliquées depuis 2021 en République dominicaine ont particulièrement touché les personnes d’origine haïtienne, alors que d’autres groupes de migrants auraient bénéficié de mécanismes de régularisation plus favorables. Le Collectif affirme que « l’un des principaux défis de la République dominicaine est d’offrir aux migrants haïtiens le même traitement qu’aux autres nationalités ».
L’organisation appelle enfin les autorités dominicaines à mettre fin aux expulsions collectives, à rétablir les garanties constitutionnelles, à respecter les procédures prévues par la loi migratoire et à ouvrir des enquêtes indépendantes sur les décès et les abus recensés dans son rapport.
PORT-AU-PRINCE.— Le parti politique Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION/PFSDH) a adressé, le 14 mai 2026, une correspondance officielle au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pour exprimer ses vives préoccupations face à la détérioration de la situation sécuritaire, au climat électoral jugé peu crédible et à l’enlisement de la transition politique en Haïti. Dans cette lettre, le parti estime que le pays s’enfonce dans une crise multidimensionnelle marquée par l’expansion des violences armées, l’augmentation du nombre de déplacés internes et l’affaiblissement des institutions publiques.
Une situation sécuritaire jugée alarmante …
La FUSION affirme que malgré les efforts des forces de sécurité, «l’environnement sécuritaire continue de se dégrader», notamment dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre. Le parti dénonce la multiplication des actes qualifiés de terroristes et souligne que des milliers de familles vivent désormais dans des conditions précaires après avoir fui les violences des gangs armés. Le document évoque également les difficultés croissantes des entreprises nationales confrontées à l’insécurité, certaines étant menacées de fermeture faute d’un accompagnement de l’État. Selon la FUSION, l’absence d’une perspective politique claire risque aussi de freiner l’engagement de la communauté internationale dans le financement des opérations de sécurité destinées à soutenir la Police Nationale d’Haïti et les Forces Armées d’Haïti contre les groupes armés. Des élections sans crédibilité, selon le parti …
Sur le plan électoral, la FUSION réaffirme que seules des élections «libres et inclusives» permettront de rétablir l’ordre constitutionnel et de sortir durablement de la crise. Le parti critique sévèrement les annonces répétées de dates électorales qu’il juge irréalistes. Il estime notamment que ni l’échéance du 7 février 2026 évoquée auparavant, ni celle du 30 août 2026 annoncée par le Conseil Électoral Provisoire ne sont crédibles dans le contexte actuel.
«À force d’annoncer des dates qu’on ne peut pas respecter, c’est la crédibilité même du gouvernement qui est en cause», avertit la formation politique du feu Serge Gilles. La FUSION insiste également sur les difficultés concrètes auxquelles font face les partis politiques pour fonctionner normalement dans le contexte d’insécurité généralisée. Elle révèle notamment que son siège situé à Christ-Roi est occupé depuis plusieurs mois par des déplacés fuyant les violences armées, provoquant des pertes importantes d’archives et de mémoire institutionnelle. Le parti rappelle aussi que sa présidente, Edmonde Supplice Beauzil, a elle-même été victime des violences des gangs, sa résidence ayant été vandalisée et incendiée.
Critiques contre la réforme sur les partis politiques …
La correspondance aborde également la question de la prolifération des partis politiques en Haïti. Si la FUSION reconnaît la nécessité de mieux encadrer le système partisan, elle critique la méthode utilisée par le CEP. Le parti estime que toute réforme aurait dû faire l’objet d’un large débat avec les acteurs politiques et met en garde contre toute mesure pouvant porter atteinte à la liberté d’association garantie par la Constitution. La FUSION juge notamment discutable la proposition visant à interdire pendant six ans la participation électorale des partis obtenant moins de 3 % des voix lors d’un scrutin.
«Le pays ne peut plus attendre», alerte la FUSION. Dans la dernière partie de la lettre, le parti lance un appel direct au chef du gouvernement. Affirmant que le peuple haïtien attend des actions concrètes et reprochante aux autorités de ne pas offrir de vision claire sur l’avenir du pays.
Enfin rappelant les engagements pris dans le cadre de l’accord politique ayant conduit à la mise en place de la transition, la formation politique demande au Premier ministre d’expliquer à la population «où il conduit le pays», alors que son mandat, selon l’interprétation du parti, arriverait à échéance le 7 juin prochain conformément à la Constitution amendée de 1987. Jean Mapou
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pédrica Saint-Jean, ont proceed, le vendredi 22 mai 2026, à Vivy-Mitchell, au lancement officiel des premières Maisons des femmes et des filles survivantes de violences basées sur le genre en Haïti. Organisée par le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF), la cérémonie s’est déroulée en présence de représentants d’ONU Femmes, de partenaires techniques et financiers ainsi que de membres du corps diplomatique. Selon les autorités, cette initiative vise à offrir des espaces sécurisés et un accompagnement psychosocial aux femmes et filles victimes de violences. Quatre structures seront implantées dans les départements de l’Ouest, de la Grand’Anse, du Centre et de l’Artibonite. La première maison inaugurée dans l’Ouest dispose notamment de huit dortoirs, d’espaces d’accueil, d’une cafétéria, d’une infirmerie et de salles de détente aménagées pour les survivantes. La représentante d’ONU Femmes en Haïti, Marie Gorreti Nduway, a salué « une avancée majeure » pour les droits des femmes haïtiennes. De son côté, la ministre Pédrica Saint-Jean a souligné que ces maisons constituent « une étape essentielle » dans la protection et la dignité des femmes victimes de violences. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a, pour sa part, qualifié cette réalisation d’« acte de solidarité, de justice et d’espérance nationale ». Il a également annoncé que le financement durable de ces structures sera inscrit dans le prochain budget rectificatif.
Équilibre Presse (equilibrepresse.com)
Ministère des Affaires étrangères et des Cultes
𝗖𝗢𝗠𝗠𝗨𝗡𝗜𝗤𝗨É 𝗗𝗘 𝗣𝗥𝗘𝗦𝗦𝗘 Haïti et les Nations Unies signent l’Accord de siège portant sur le statut du BANUH Port-au-Prince, le 2 mai 2026. – La Ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Son Excellence Madame Raina Forbin, et la Secrétaire générale adjointe et Cheffe du Bureau d’Appui des Nations Unies en Haïti, Madame Daniela Kroslak, ont procédé à la signature de l’Accord entre le Gouvernement de la République d’Haïti et l’Organisation des Nations Unies relatif au statut du Bureau d’Appui des Nations Unies en Haïti (BANUH), lors d’une sobre cérémonie organisée à la Chancellerie. Ont également pris part à cet événement le Directeur de Cabinet du Ministre de la Justice, Me Péguy Jean, le Directeur général du Ministère de la Justice et de la Sécurité publique, Me Jean Fallières Bazelais, le Directeur général des Affaires étrangères, Monsieur Christian Toussaint, ainsi que de hauts cadres de la Chancellerie. Dans son allocution, la Ministre Raina Forbin a souligné que le succès du BANUH, de concert avec la Force de Répression des Gangs, revêt une importance cruciale pour le rétablissement de la sécurité, condition indispensable à la stabilisation du pays, à la relance économique et à la tenue d’élections libres, honnêtes et crédibles sur l’ensemble du territoire national. Elle a également réaffirmé la volonté du Gouvernement, conduit par le Premier ministre Fils-Aimé, de collaborer de manière étroite, transparente et soutenue avec le BANUH, à travers des mécanismes efficaces de coordination et de communication, afin de lui fournir tous les appuis nécessaires à l’accomplissement de sa mission. « Nous considérons que la réussite du BANUH est notre réussite commune. Aujourd’hui, le peuple haïtien attend la sécurité et la stabilité. Le temps des constats est derrière nous ; l’heure est aux résultats concrets, visibles et mesurables, au bénéfice de la population haïtienne. Nous avons, collectivement et avec nos partenaires internationaux, le devoir d’y répondre », a déclaré la Chancelière. De son côté, Madame Daniela Kroslak a exprimé sa gratitude et sa reconnaissance au Gouvernement haïtien pour la signature de cet accord, qui définit les grandes lignes de la coopération entre le BANUH et l’État haïtien. Elle a souligné que cet instrument constitue une étape importante vers la stabilisation du pays et l’amélioration des conditions de vie de la population haïtienne.
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