GEORGETOWN (Guyana), samedi 3 janvier 2026 (RHINEWS) – La Conférence des chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) s’est réunie très tôt samedi 3 janvier à la suite d’informations faisant état d’une action militaire au Venezuela, selon un communiqué du Secrétariat de l’organisation régionale.
« La CARICOM suit activement la situation, qui suscite une grave préoccupation pour la région et pourrait avoir des implications pour les pays voisins », indique le communiqué publié depuis le siège du Secrétariat à Turkeyen, dans la région du Grand Georgetown, en Guyana.
L’organisation précise qu’elle continuera d’informer les populations de la région à mesure que de nouvelles informations seront reçues. « La CARICOM continuera à tenir les populations de la région informées à mesure que davantage d’informations seront disponibles », souligne le texte.
Fondée le 4 juillet 1973 avec la signature du Traité de Chaguaramas, révisé en 2001 pour permettre l’établissement d’un marché et d’une économie uniques, la CARICOM regroupe quinze États membres et six membres associés. Elle représente environ seize millions de citoyens, dont près de 60 % ont moins de 30 ans.
Selon le Secrétariat, l’action de la CARICOM repose sur quatre piliers principaux : l’intégration économique, la coordination de la politique étrangère, le développement humain et social, ainsi que la coopération en matière de sécurité. L’organisation se présente comme « l’un des meilleurs exemples d’intégration dans le monde en développement », avec pour objectif de bâtir « une communauté intégrée, inclusive et résiliente », capable de garantir la sécurité, les droits humains et la justice sociale à ses citoyens.
De Amos Cincir
L’opération militaire américaine menée dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 Janvier 2026 contre le Venezuela ne peut être comprise comme un simple épisode de coercition ponctuelle. Elle constitue un signal systémique, adressé non seulement à Caracas, mais à l’ensemble des États périphériques qui, depuis deux décennies, ont cru possible un monde post-hégémonique sans disposer des attributs matériels de la puissance.
La capture revendiquée par le président américain Donald TRUMP, de Nicolás MADURO, l’attaque coordonnée de sites militaires et logistiques stratégiques, et l’absence de toute médiation préalable indiquent une chose sans ambiguïté que les États-Unis assument désormais ouvertement l’usage unilatéral de la force dans leur sphère d’influence historique. Nous assistons moins à une crise régionale qu’à une reconfiguration explicite des règles du jeu international.
LA FIN DU MULTILATÉRALISME PERFORMATIF
Depuis la fin de la guerre froide, une fiction structurante a dominé les relations internationales, celle d’un monde régi par le droit, la gouvernance globale et la régulation multilatérale. Or, comme l’avait déjà souligné Hans Morgenthau, le droit international ne survit que tant qu’il n’entre pas en conflit direct avec les intérêts vitaux des grandes puissances.
L’opération américaine au Venezuela confirme une vérité ancienne, trop souvent euphémisée que le multilatéralisme n’est pas un système contraignant, mais un langage utilisé lorsque la force n’est pas nécessaire. Ni l’ONU, ni les mécanismes régionaux, ni les normes de souveraineté n’ont pesé face à la décision stratégique américaine. Leur rôle s’est limité à la réaction, et jamais à la dissuasion.
DOCTRINE DE MONROE : D’UN TABOU HISTORIQUE À UNE PRATIQUE REVENDIQUÉE L’élément le plus structurant de cette intervention américaine réside dans sa logique doctrinale. La doctrine Monroe, souvent présentée comme une relique du XIXᵉ siècle, qui s’est transformée en principe opératoire moderne, débarrassé de toute rhétorique civilisatrice.
Sous l’administration Trump, cette doctrine n’est plus dissimulée derrière des concepts de «démocratie», de «responsabilité de protéger» ou de «stabilité régionale». Elle s’énonce brutalement que l’hémisphère occidental demeure une zone d’exclusivité stratégique américaine.
Dans cette perspective, le Venezuela n’est pas attaqué pour ce qu’il fait, mais pour ce qu’il représente à travers un précédent de contestation durable de l’ordre régional américain, combinant souverainisme discursif, alliances extra-hémisphériques et rhétorique anti-impériale.
L’ERREUR STRATÉGIQUE DES PUISSANCES PÉRIPHÉRIQUES
Le cas vénézuélien illustre une erreur classique des États en situation de dépendance structurelle qui confond discours de résistance et capacité réelle de dissuasion. Comme l’avait formulé Raymond Aron, « les États faibles vivent dans un monde de normes, les États forts dans un monde de rapports de force ».
Le Venezuela a investi massivement dans la symbolique de la souveraineté, mais insuffisamment dans une dissuasion crédible, une autonomie technologique, et une capacité de projection régionale, ou des alliances réellement contraignantes.
De fait, lorsque la confrontation devient militaire, le langage symbolique des alliés s’effondre immédiatement.
ALLIANCES ASYMÉTRIQUES : LE MYTHE DE LA PROTECTION EXTERNE
La réaction mesurée, voire prudente, de la Chine, de la Russie et de l’Iran révèle une constante fondamentale de la géopolitique contemporaine où les grandes puissances ne s’affrontent directement que pour des zones jugées vitales à leur propre sécurité. Le Venezuela ne remplit aucun de ces critères pour Pékin ou Moscou. Il est un partenaire économique, un levier diplomatique, parfois un symbole, jamais un théâtre pour une guerre majeure contre Washington.
Cette réalité invalide une croyance répandue dans le Sud global, celle d’un monde multipolaire où les alliances remplaceraient la puissance propre.
La multipolarité n’abolit pas la hiérarchie, mais elle la rend plus crue.
L’AMÉRIQUE LATINE FACE À SON IMPUISSANCE STRATÉGIQUE
La fragmentation des réactions régionales met en lumière une faiblesse structurelle et l’absence d’une architecture de sécurité latino-américaine autonome. Sans doctrine commune, sans capacité militaire intégrée, et sans vision stratégique partagée, du coup, la région demeure un espace perméable aux démonstrations de force extérieures.
L’intervention américaine agit ainsi comme un fait révélateur brutal que la souveraineté proclamée sans capacité collective de défense est une souveraineté conditionnelle.
L’attaque américaine de janvier 2026 marque le retour assumé du tragique en politique internationale, au sens où l’entendait Carl Schmitt qui montre la distinction ultime entre ami et ennemi, tranchée par la capacité de décider et de frapper. Elle rappelle trois vérités fondamentales. Il s'agit du droit international qui ne protège pas les États faibles contre les États déterminés, les alliances ne remplacent jamais la puissance autonome et la souveraineté n’est pas un principe moral, mais une construction stratégique.
Le Venezuela n’est pas un cas isolé. Il est un avertissement global dans l’ordre international qui se durcit, car ceux qui confondent indignation morale et stratégie sont condamnés à l’impuissance. Ceux qui refusent de voir la géopolitique telle qu’elle est, conflictuelle, hiérarchique, et brutale, continueront à subir l’histoire plutôt qu’à la façonner.
Amos CINCIR
Serviteur de l'Empire d'Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
3 Janvier 2026
48 heures seulement après le début de la nouvelle année, le monde se réveille avec la nouvelle de l'agression militaire du Grand Barbare Occidental contre le peuple digne, libre et souverain du Venezuela. Bien évidemment, il n'y aura pas de coalition des puissances démocratiques du monde pour soutenir le Venezuela, jusqu'au dernier Vénézuélien, comme c'est le cas avec l'Ukraine.
Pas besoin de réécrire l'histoire, mais il devient vital de se demander à quoi cela sert d'avoir des hommes et des femmes dignes qui veulent se sacrifier pour leur pays ? Puisqu'au demeurant, nous avons la certitude que l'impunité des crimes de l'Occident induit objectivement l'inhumanité et l'indignité comme uniques valeurs pour réussir et durer dans ce monde, dont le glissement vers l'indigence n'est plus un doute.
Au coeur de ce drame humain qui désespère et nous plonge en plein dans la grande nuit de l'indigence ou du refus de l'apprenance, où se tourner pour contempler encore un peu de bienveillance, sinon aux origines de notre irruption dans la nature comme innovation du vivant ?
Puisque nous sommes des poussières d'étoiles, et que quelque part, au fond de quelques-uns d'entre nous, subsiste encore la flamme d'un scintillement cosmique, alors scrutons le ciel en ce début de janvier et contemplons cette conjonction astrale qui a lieu entre la lune et Jupiter au lever du jour de ce 3 janvier 2026.
Respectueusement
Erno Renoncourt
Citoyen Haïtien Indigné, Insoumis, Insolent, Intranquille
Agence France-Presse
(Paris) Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi que les forces américaines avaient capturé son homologue vénézuélien, Nicolás Maduro, après avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain, où de fortes explosions ont secoué en pleine nuit Caracas et sa région. Voici les réactions internationales.
Publié à 7 h 17
ONU
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est inquiété « que le droit international n’ait pas été respecté », déplorant un « dangereux précédent » et appelant « tous les acteurs au Venezuela à engager un dialogue inclusif, dans le plein respect des droits de l’Homme et de l’État de droit ».
Colombie
Un soldat colombien à la frontière
La Colombie a annoncé le déploiement de troupes à sa frontière avec le Venezuela.
Le président colombien, Gustavo Petro, proche de Nicolás Maduro, a dénoncé une attaque américaine aux « missiles » contre Caracas, qualifié les actions de Washington d’« atteinte à la souveraineté » de l’Amérique latine et déclaré qu’elles entraîneraient une crise humanitaire.
« Alerte générale, ils ont attaqué le Venezuela », a écrit sur son compte X le président colombien, proche de M. Maduro. Il a demandé une réunion « immédiate » de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’ONU sur la « légalité internationale » de cette « agression ».
Brésil
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva
Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a condamné samedi une « grave atteinte à la souveraineté du Venezuela », estimant que « les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président dépassent les limites de l’acceptable » et menacent « la préservation de la région en tant que zone de paix ».
Il a également exhorté sur X la communauté internationale, par l’intermédiaire des Nations unies, à « répondre vigoureusement » à ces attaques.
Mexique
Le Mexique a condamné samedi les bombardements menés « unilatéralement » par les États-Unis contre le Venezuela, avertissant que toute « action militaire met gravement en péril la stabilité régionale ».
Argentine
À l’inverse, les frappes américaines ont été saluées par un tonitruant « La liberté avance, vive la liberté, bordel ! » du président argentin pro-Trump, Javier Milei.
Équateur
Le président de l’Équateur, Daniel Noboa, s’est également réjoui de la chute de M. Maduro : « l’heure est venue de reprendre possession de votre pays », a-t-il lancé sur X aux figures de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado et Edmundo González Urrutia, ainsi qu’au « peuple vénézuélien ».
Chine
Pékin s’est dit « profondément choqué » et a « condamné fermement le recours flagrant à la force par les États-Unis contre un État souverain et leur action contre son président ».
« Ce comportement hégémonique des États-Unis viole gravement le droit international, porte atteinte à la souveraineté du Venezuela et menace la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes », a ajouté le ministère chinois des Affaires étrangères.
Russie
« Ce matin, les États-Unis ont commis un acte d’agression armée contre le Venezuela. Ceci est profondément préoccupant et condamnable », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, estimant que « l’hostilité idéologique a triomphé du pragmatisme économique ».
Le Venezuela est le principal allié de Moscou en Amérique du Sud.
Iran
« Le ministère iranien des Affaires étrangères condamne fermement l’attaque militaire américaine contre le Venezuela et la violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays », a indiqué dans un communiqué la diplomatie iranienne, fustigeant « l’agression illégale des États-Unis », ennemi de la République islamique. L’Iran entretient des liens étroits avec le Venezuela.
Turquie
Le ministère turc des Affaires étrangères a appelé samedi toutes les parties à la retenue « afin d’éviter que la situation actuelle n’ait des conséquences néfastes pour la sécurité régionale et internationale ».
UE
L’Union européenne a appelé samedi au respect du droit international au Venezuela et rappelé son attachement à une transition démocratique et pacifique, après une attaque des États-Unis contre ce pays sud-américain.
Sur X, la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a dit avoir appelé à la « retenue », lors d’un échange au téléphone avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio.
« Nous sommes solidaires du peuple vénézuélien et soutenons une transition pacifique et démocratique. Toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies », a déclaré de son côté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, également sur X.
Royaume-Uni
Le premier ministre britannique Keir Starmer a rappelé samedi que tous les pays devaient « respecter le droit international », soulignant que Londres n’avait « pas participé » à l’opération américaine et à la capture revendiquée du président Maduro.
Il a ajouté que le Royaume-Uni « ne versera pas une larme » sur la fin du régime de Nicolás Maduro, annonçant des discussions avec Washington « dans les jours à venir » sur le sujet.
« Le Royaume-Uni soutient depuis longtemps une transition du pouvoir au Venezuela. Nous considérons Maduro comme un président illégitime et nous ne verserons pas de larmes sur la fin de son régime », a déclaré le dirigeant britannique dans un communiqué.
France
Emmanuel Macron a appelé samedi, sur X, à une « transition pacifique » et « démocratique » au Venezuela, en évoquant la fin de la « dictature Maduro ».
Il a plaidé pour que la transition, « respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien », soit assurée « au plus vite » par Edmundo González Urrutia, candidat de l’opposition à la présidentielle 2024.
Espagne
Le gouvernement espagnol « ne reconnaîtra pas […] une intervention qui viole le droit international », tout comme il n’avait pas reconnu le régime de Nicolás Maduro, a déclaré sur X le premier ministre espagnol Pedro Sanchez.
L’intervention américaine « pousse la région vers un horizon d’incertitude et de bellicisme », a ajouté le dirigeant socialiste, appelant à une transition « juste et dans le dialogue ».
Allemagne
Le chancelier allemand Friedrich Merz a jugé que Nicolás Maduro avait « conduit son pays à la ruine », et « joué un rôle problématique dans la région », notamment en « impliquant le Venezuela dans le trafic de drogue ». L’Allemagne n’a pas reconnu les dernières élections vénézuéliennes, « truquées », a rappelé M. Merz.
Le ministère allemand des Affaires étrangères a appelé « toutes les parties prenantes à s’abstenir de tout ce qui pourrait aggraver la situation à chercher une voie vers une solution politique », rappelant que « les normes légales internationales doivent être respectées ».
Pologne
« Nous aurons l’occasion d’analyser les répercussions de cette attaque sur la situation dans notre région. Un évènement comme l’attaque américaine d’aujourd’hui contre le Venezuela affecte le monde entier ; nous réagirons et nous préparerons à cette nouvelle situation », a assuré le premier ministre Donald Tusk, lors d’une conférence de presse.
Italie
La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a, dans un communiqué, estimé « légitime » l’opération américaine, la qualifiant « d’intervention défensive », tout en soulignant qu’une « action militaire extérieure n’est pas la manière de mettre fin aux régimes totalitaires ».
Ukraine
Sans évoquer expressément l’opération américaine, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a dénoncé les « crimes généralisés, la violence, la torture, l’oppression et la violation de toutes les libertés fondamentales » dont s’est rendu coupable le « régime Maduro », principal allié en Amérique du sud de Moscou.
Afrique du Sud
L’Afrique du Sud a qualifié l’opération américaine de « violation manifeste de la Charte des Nations unies », estimant que cette façon d’utiliser « unilatéralement la force » est « illégale » et « mine la stabilité de l’ordre international ».
Israël
Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, Israël s’est « félicité de la destitution du dictateur qui dirigeait un réseau terroriste et de drogue » et a salué un « moment historique », estimant que Donald Trump avait « agi en tant que leader du monde libre ».
Annik Chalifour
Alors que 2025 s'achève, voici un retour sur mes 32 articles de presse parus cette année dans www.l-express.ca, consacrés à maintenir Haïti dans l'actualité, faisant partie intégrante de ma chronique initiée en 2012: Annik Chalifour, auteur à l-express.ca
Toute ma reconnaissance pour votre appui et collaboration essentielle ayant permis la publication de plusieurs de mes articles dans Haïti en Marche tout au long de cette année chargée.
Meilleurs voeux.
On continue en 2026!
Annik