WASHINGTON, samedi 3 janvier 2026 (RHINEWS)- Quelques heures après l’opération américaine au Venezuela ayant conduit à la “capture” du président Nicolás Maduro, le président des États-Unis Donald Trump a laissé entendre que Cuba, le Mexique et la Colombie pourraient à leur tour être visés, selon ses déclarations publiques, suscitant de vives réactions dans la région et au sein du Congrès américain.
S’exprimant devant la presse, Donald Trump a déclaré que « Cuba est un pays en échec en ce moment » et qu’il s’agissait d’un dossier « dont on finira par parler ». « Nous voulons aider le peuple », a-t-il affirmé, établissant un parallèle avec l’opération menée au Venezuela. Il a également évoqué les Cubains ayant quitté l’île et vivant aux États-Unis. Le secrétaire d’État Marco Rubio a pour sa part indiqué que, s’il faisait partie du gouvernement cubain, il serait « au moins inquiet ». L’ambassade de Cuba à Washington n’a pas réagi dans l’immédiat.
Le président américain a parallèlement durci son ton à l’égard de la Colombie et de son président Gustavo Petro, allié de Nicolás Maduro. Donald Trump a réitéré ses accusations selon lesquelles le pays abriterait « au moins trois grandes usines de cocaïne » et a affirmé que ces drogues étaient envoyées vers les États-Unis. « Il fabrique de la cocaïne. Ils l’envoient aux États-Unis », a-t-il déclaré, reprenant des propos tenus le mois précédent.
Gustavo Petro a récemment accusé Donald Trump de violer les « principes fondateurs » des Nations unies et a affirmé qu’au moins une frappe américaine au large du Venezuela aurait touché des civils.
Concernant le Mexique, Donald Trump a déclaré plus tôt dans la journée, lors d’une interview à la chaîne Fox News, que « quelque chose devra être fait » avec le pays voisin. Il a accusé la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum de ne pas contrôler son pays, affirmant que les cartels de la drogue y exerçaient le pouvoir réel. « Ils dirigent le Mexique », a-t-il déclaré, ajoutant avoir proposé à plusieurs reprises une intervention américaine contre les cartels, proposition qui aurait été refusée par la dirigeante mexicaine.
En réaction, le Mexique, la Colombie et Cuba figurent parmi les pays ayant dénoncé l’opération américaine au Venezuela. Le ministère mexicain des Affaires étrangères a estimé que toute action militaire « met gravement en danger la stabilité régionale », rappelant que l’Amérique latine et les Caraïbes constituent « une zone de paix ». La Colombie a réaffirmé, par la voix de son président, que « la paix, le respect du droit international et la protection de la vie et de la dignité humaine doivent prévaloir ». À La Havane, le président cubain Miguel Díaz-Canel a qualifié l’attaque contre le Venezuela de « lâche, criminelle et traîtresse ».
Aux États-Unis, l’opération menée sans autorisation préalable du Congrès a été critiquée par de nombreux élus démocrates et par certains républicains. Le sénateur démocrate Tim Kaine a annoncé son intention de forcer un vote afin d’exiger l’aval du Congrès pour toute action militaire supplémentaire. Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a pour sa part appelé l’administration à « informer immédiatement le Congrès de ses objectifs et de son plan pour éviter une catastrophe humanitaire et géopolitique ».