Depuis le 2 janvier, la Police nationale haïtienne a mené plusieurs opérations contre des réseaux de gangs, saisissant des armes et du matériel de combat à Port-au-Prince, Arcahaie et dans le nord d'Haïti.

by Juhakenson Blaise Janvier 09, 2026

Depuis le début de l'année, la Police nationale haïtienne a mené de nombreuses opérations dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, à Arcahaie et dans le département du Nord, ciblant les bandes armées et le trafic d'armes. La police a saisi des fusils d'assaut, des munitions et du matériel tactique, et a arrêté plusieurs suspects. Malgré l'intensification des opérations, les autorités reconnaissent qu'aucun territoire n'a encore été entièrement repris et que les principaux chefs de gangs courent toujours.

PORT-AU-PRINCE — La Police nationale haïtienne (PNH) a commencé l'année 2026 par une série d'opérations ciblant les gangs armés et le trafic d'armes dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, à Arcahaie et dans certaines zones du département du Nord, saisissant des fusils d'assaut, des munitions et du matériel tactique tout en arrêtant plusieurs suspects.

La dernière opération a eu lieu le jeudi 8 janvier à Delmas 2, un quartier que les autorités décrivent comme un bastion du gang « Krache Dife », affilié à la coalition Viv Ansanm et dirigé par Jean Gardy. La police a annoncé la saisie de deux fusils d'assaut M4, quatre chargeurs pour fusils M14, quatre gilets pare-balles, quatre gilets tactiques, deux plaques balistiques et un conteneur de munitions de 5.56 mm.

« Cette opération s’inscrit dans une stratégie visant à intensifier la lutte contre les bandes armées et à réduire leur capacité à nuire », a déclaré la direction générale de la PNH dans un communiqué. déclaration, réaffirmant son engagement à démanteler les réseaux criminels et à rétablir l'ordre dans les zones à haut risque.

Les opérations ont été menées avec le soutien de la Mission multinationale d'appui à la sécurité (MSS), dirigée par le Kenya et restructurée en octobre par le Conseil de sécurité des Nations Unies en Force de répression des gangs (GSF), ainsi que de la cellule de sécurité mise en place par le cabinet du Premier ministre. La police a indiqué que ces actions avaient porté préjudice aux structures des gangs et conduit à de nombreuses arrestations.

Bel-Air parmi les premières cibles à Port-au-Prince …

Dans la capitale, les opérations ont débuté le mardi 6 janvier, dans le quartier de Bel-Air, à Delmas 4. La police a déclaré que l'intervention visait des groupes armés qu'elle classe comme organisations terroristes, accusés de terroriser les résidents et de restreindre les déplacements.

Le mercredi 7 janvier, des policiers ont perquisitionné une maison située près du domicile d'un chef de gang connu sous le nom de Jamesley. Ils y ont saisi un fusil M16, un chargeur, un gilet pare-balles réglementaire, des jumelles, un casque balistique et d'autres équipements. La police a indiqué qu'un homme, une femme et deux enfants se trouvaient à l'intérieur de la maison, sans toutefois fournir davantage de détails sur leur présence.

Plus tôt, le vendredi 2 janvier, la police est intervenue dans le quartier de Bercy à Arcahaie, à l'ouest de Port-au-Prince, où des groupes armés avaient érigé des barrages routiers pour extorquer des habitants et perturber la circulation.

La police a déclaré que l'opération avait été démantelée. les barricadesL'opération a permis la saisie de trois armes à feu : deux fusils M4 et un fusil de type Kalachnikov. Plusieurs suspects ont été blessés lors d'échanges de tirs avec les forces de l'ordre, ont indiqué les autorités.

Trafic d'armes ciblé dans le Nord

Dans le nord d'Haïti, la police a démantelé un réseau de trafic d'armes lié à la contrebande d'armes à feu en provenance des États-Unis. Le 7 janvier, Cédernier « Djo » Joseph a été arrêté à Quartier-Morin, au lendemain de l'interception d'un conteneur au terminal SA 2 du port de Cap-Haïtien.

Le conteneur, inspecté par la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS) avec l'appui des douanes et de la police locale, contenait neuf pistolets de différents calibres, neuf chargeurs et environ 5 500 cartouches de 7.62 × 39 mm. Deux autres individus, Willy Pierre et Clevickson Servius, ont été interpellés sur place pour trafic international d'armes.

Les opérations s'intensifient, mais le contrôle reste hors de portée.

Malgré l'intensification des opérations, la police reconnaît qu'aucun territoire n'a encore été entièrement repris. Plusieurs membres de gangs ont été tués lors d'échanges de tirs, mais aucun chef de gang important n'a été capturé ni neutralisé.

Parallèlement, des groupes armés poursuivent leurs attaques dans des zones comme Kenscoff, Montrouis et certaines parties de la région de l'Artibonite, où la circulation des habitants reste fortement restreinte.

Le 7 janvier Mario Andrésol, secrétaire d'État à la Sécurité publique, a déclaré que les autorités prévoyaient de dégager les routes nationales reliant Port-au-Prince au sud et au nord avant le 7 février, date à laquelle le mandat du Conseil présidentiel de transition doit prendre fin.

Selon Andrésol : « Même si les principaux chefs de gangs ne sont pas arrêtés immédiatement, l’objectif est de démanteler les structures sur lesquelles ils s’appuient et de les isoler de leurs partisans. »