Et les personnes en fuites , devant la montée des bandits…qui sont arrivés dans leurs quartiers, les obligeant à se sauver, parfois avec seulement le linge sur le corps ont trouvé refuge dans des écoles, des marches publics, des terrains vagues , sous une tente … mais rarement chez la famille,,, en proie, elle aussi dans un desarroi sans fin.
Oui, les personnes déplacées, comme on les appelle de manière anodine… sont toujours en cavale . Rien n’a vraiment chagé les concernant.
Et le rapport dont il va être question aujourd’hui estime à 217 les nombre de sites érigés, un peu partout dans la capitale et ses environs où ces personnes ont trouvé refuge…si de refuge on peut vraiment parler.
Au moins deux-cent-dix-sept (217) sites de personnes déplacées internes sont actuellement recensés en Haïti, répartis dans vingt-cinq (25) communes des départements de l’Artibonite, du Centre et de l’Ouest, selon un rapport publié par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), à l’occasion du seizième anniversaire du séisme du 12 janvier 2010, indique le document .

Selon ce rapport, élaboré à partir d’informations combinées de la Direction de la protection civile (DPC) de l’Ouest et du Centre ainsi que du RNDDH, ces 217 sites se répartissent entre seize (16) sites dans trois communes de l’Artibonite, quatre-vingts (80) sites dans neuf communes du Centre et cent-vingt-et-un (121) sites dans treize communes de l’Ouest.

Le RNDDH précise avoir réalisé un monitoring approfondi dans quarante (40) sites, soit 18 % des espaces recensés, à travers des entretiens et des focus-groupes menés avec des responsables de sites dans les trois départements concernés, selon le document .
Dans ces quarante sites monitorés vivent soixante-neuf-mille-six-cent-quatre-vingt-un (69 681) déplacés internes, dont vingt-sept-mille-deux-cent-quarante-sept (27 247) femmes et dix-neuf-mille-quatre-cent-cinquante-cinq (19 455) enfants. Le rapport fait également état de la présence de trois-cent-soixante-trois (363) personnes vivant avec une déficience dans trente-six (36) sites, soit 90 % des espaces observés, dont deux-cent-cinquante-deux (252) personnes avec une déficience motrice, soixante-cinq (65) avec une déficience cognitive et quarante-six (46) avec une déficience sensorielle, selon le document .
Le RNDDH souligne que les conditions de vie dans les sites demeurent « horribles » seize ans après le séisme, évoquant la surpopulation, l’exiguïté des espaces, l’insalubrité et la prolifération d’insectes et de rongeurs. Selon le rapport, seuls huit (8) sites, soit 20 % des espaces monitorés, disposent d’abris jugés acceptables, tandis que dans trente-deux (32) sites, soit 80 %, les abris sont délabrés, non étanches, sales ou infestés de nuisibles. Lors des pluies, de nombreux sites sont inondés ou connaissent une stagnation des eaux, obligeant parfois les déplacés à rester éveillés toute la nuit pour protéger leurs effets personnels, précise le document .
En matière d’assainissement, trente-et-un (31) sites, soit 77,5 % des espaces monitorés, disposent de latrines, mais seules huit (8) d’entre elles, représentant 20 % des sites, sont jugées propres. Le rapport indique que dans vingt-trois (23) sites, soit 57,5 %, les latrines sont insalubres, souvent bouchées ou rarement vidangées, tandis que neuf (9) sites, soit 22,5 %, ne disposent d’aucune latrine, contraignant les déplacés à utiliser des sachets, des seaux ou les abords de rivières pour leurs besoins physiologiques, selon le document .
S’agissant de la protection des personnes vulnérables, le RNDDH affirme que les femmes et les filles ne bénéficient d’aucune protection spécifique dans la majorité des sites, malgré quelques initiatives ponctuelles. Le rapport fait état de violences sexuelles, sexistes et physiques régulièrement signalées et précise qu’au cours de l’année 2025, des viols ont été enregistrés dans au moins sept (7) sites monitorés, soit 17,5 % d’entre eux. Les personnes vivant avec une déficience, quant à elles, sont décrites comme « oubliées par les autorités étatiques », sans accès adéquat aux soins, à l’éducation ou à l’alimentation, selon le document .
Le RNDDH estime que l’État haïtien a « l’impérieuse obligation de mettre un terme à cette situation inacceptable » et appelle notamment au rétablissement de la sécurité pour permettre le retour des personnes déplacées, à une assistance financière et psychologique aux familles décapitalisées, ainsi qu’à la mise en place d’un plan de protection pour les femmes, les filles et les personnes vivant avec une déficience. L’organisation met également en garde contre le risque d’aggravation de la crise, rappelant qu’en 2025, au moins trois (3) suicides et sept (7) tentatives de suicide ont été recensés sur un seul site, selon le document.