Agence France-Presse
(Paris) Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi que les forces américaines avaient capturé son homologue vénézuélien, Nicolás Maduro, après avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain, où de fortes explosions ont secoué en pleine nuit Caracas et sa région. Voici les réactions internationales.
Publié à 7 h 17
ONU
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est inquiété « que le droit international n’ait pas été respecté », déplorant un « dangereux précédent » et appelant « tous les acteurs au Venezuela à engager un dialogue inclusif, dans le plein respect des droits de l’Homme et de l’État de droit ».
Colombie
Un soldat colombien à la frontière
La Colombie a annoncé le déploiement de troupes à sa frontière avec le Venezuela.
Le président colombien, Gustavo Petro, proche de Nicolás Maduro, a dénoncé une attaque américaine aux « missiles » contre Caracas, qualifié les actions de Washington d’« atteinte à la souveraineté » de l’Amérique latine et déclaré qu’elles entraîneraient une crise humanitaire.
« Alerte générale, ils ont attaqué le Venezuela », a écrit sur son compte X le président colombien, proche de M. Maduro. Il a demandé une réunion « immédiate » de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’ONU sur la « légalité internationale » de cette « agression ».
Brésil
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva
Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a condamné samedi une « grave atteinte à la souveraineté du Venezuela », estimant que « les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président dépassent les limites de l’acceptable » et menacent « la préservation de la région en tant que zone de paix ».
Il a également exhorté sur X la communauté internationale, par l’intermédiaire des Nations unies, à « répondre vigoureusement » à ces attaques.
Mexique
Le Mexique a condamné samedi les bombardements menés « unilatéralement » par les États-Unis contre le Venezuela, avertissant que toute « action militaire met gravement en péril la stabilité régionale ».
Argentine
À l’inverse, les frappes américaines ont été saluées par un tonitruant « La liberté avance, vive la liberté, bordel ! » du président argentin pro-Trump, Javier Milei.
Équateur
Le président de l’Équateur, Daniel Noboa, s’est également réjoui de la chute de M. Maduro : « l’heure est venue de reprendre possession de votre pays », a-t-il lancé sur X aux figures de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado et Edmundo González Urrutia, ainsi qu’au « peuple vénézuélien ».
Chine
Pékin s’est dit « profondément choqué » et a « condamné fermement le recours flagrant à la force par les États-Unis contre un État souverain et leur action contre son président ».
« Ce comportement hégémonique des États-Unis viole gravement le droit international, porte atteinte à la souveraineté du Venezuela et menace la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes », a ajouté le ministère chinois des Affaires étrangères.
Russie
« Ce matin, les États-Unis ont commis un acte d’agression armée contre le Venezuela. Ceci est profondément préoccupant et condamnable », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, estimant que « l’hostilité idéologique a triomphé du pragmatisme économique ».
Le Venezuela est le principal allié de Moscou en Amérique du Sud.
Iran
« Le ministère iranien des Affaires étrangères condamne fermement l’attaque militaire américaine contre le Venezuela et la violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays », a indiqué dans un communiqué la diplomatie iranienne, fustigeant « l’agression illégale des États-Unis », ennemi de la République islamique. L’Iran entretient des liens étroits avec le Venezuela.
Turquie
Le ministère turc des Affaires étrangères a appelé samedi toutes les parties à la retenue « afin d’éviter que la situation actuelle n’ait des conséquences néfastes pour la sécurité régionale et internationale ».
UE
L’Union européenne a appelé samedi au respect du droit international au Venezuela et rappelé son attachement à une transition démocratique et pacifique, après une attaque des États-Unis contre ce pays sud-américain.
Sur X, la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a dit avoir appelé à la « retenue », lors d’un échange au téléphone avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio.
« Nous sommes solidaires du peuple vénézuélien et soutenons une transition pacifique et démocratique. Toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies », a déclaré de son côté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, également sur X.
Royaume-Uni
Le premier ministre britannique Keir Starmer a rappelé samedi que tous les pays devaient « respecter le droit international », soulignant que Londres n’avait « pas participé » à l’opération américaine et à la capture revendiquée du président Maduro.
Il a ajouté que le Royaume-Uni « ne versera pas une larme » sur la fin du régime de Nicolás Maduro, annonçant des discussions avec Washington « dans les jours à venir » sur le sujet.
« Le Royaume-Uni soutient depuis longtemps une transition du pouvoir au Venezuela. Nous considérons Maduro comme un président illégitime et nous ne verserons pas de larmes sur la fin de son régime », a déclaré le dirigeant britannique dans un communiqué.
France
Emmanuel Macron a appelé samedi, sur X, à une « transition pacifique » et « démocratique » au Venezuela, en évoquant la fin de la « dictature Maduro ».
Il a plaidé pour que la transition, « respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien », soit assurée « au plus vite » par Edmundo González Urrutia, candidat de l’opposition à la présidentielle 2024.
Espagne
Le gouvernement espagnol « ne reconnaîtra pas […] une intervention qui viole le droit international », tout comme il n’avait pas reconnu le régime de Nicolás Maduro, a déclaré sur X le premier ministre espagnol Pedro Sanchez.
L’intervention américaine « pousse la région vers un horizon d’incertitude et de bellicisme », a ajouté le dirigeant socialiste, appelant à une transition « juste et dans le dialogue ».
Allemagne
Le chancelier allemand Friedrich Merz a jugé que Nicolás Maduro avait « conduit son pays à la ruine », et « joué un rôle problématique dans la région », notamment en « impliquant le Venezuela dans le trafic de drogue ». L’Allemagne n’a pas reconnu les dernières élections vénézuéliennes, « truquées », a rappelé M. Merz.
Le ministère allemand des Affaires étrangères a appelé « toutes les parties prenantes à s’abstenir de tout ce qui pourrait aggraver la situation à chercher une voie vers une solution politique », rappelant que « les normes légales internationales doivent être respectées ».
Pologne
« Nous aurons l’occasion d’analyser les répercussions de cette attaque sur la situation dans notre région. Un évènement comme l’attaque américaine d’aujourd’hui contre le Venezuela affecte le monde entier ; nous réagirons et nous préparerons à cette nouvelle situation », a assuré le premier ministre Donald Tusk, lors d’une conférence de presse.
Italie
La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a, dans un communiqué, estimé « légitime » l’opération américaine, la qualifiant « d’intervention défensive », tout en soulignant qu’une « action militaire extérieure n’est pas la manière de mettre fin aux régimes totalitaires ».
Ukraine
Sans évoquer expressément l’opération américaine, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a dénoncé les « crimes généralisés, la violence, la torture, l’oppression et la violation de toutes les libertés fondamentales » dont s’est rendu coupable le « régime Maduro », principal allié en Amérique du sud de Moscou.
Afrique du Sud
L’Afrique du Sud a qualifié l’opération américaine de « violation manifeste de la Charte des Nations unies », estimant que cette façon d’utiliser « unilatéralement la force » est « illégale » et « mine la stabilité de l’ordre international ».
Israël
Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, Israël s’est « félicité de la destitution du dictateur qui dirigeait un réseau terroriste et de drogue » et a salué un « moment historique », estimant que Donald Trump avait « agi en tant que leader du monde libre ».