Un nommé Sherlson Sanon aurait révélé l’existence d’un puissant gang spécialisé dans le trafic de la drogue, l’enlèvement, le kidnaping et l’assassinat dans le Sud-Est. L’ancien sénateur Joseph Lambert, le sénateur proche du pouvoir, Edo Zenny, le commissaire du gouvernement de la Croix-des-Bouquets, Leny Thelisma, Joël et Jacky Khawly seraient de grandes figures de la bande. Par peur d’être assassiné à tout moment, Sherlson Sanon est allé témoigner au Rnddh, le 23 avril 2013. Le notaire Jean Beaubrun L. Rony a authentifié sa signature. Joseph Lambert « a passé aux autres membres du gang KAKOS des instructions claires et précises pour que je sois exécuté. Je m’attends donc à mourir à n’importe quel moment », lit-on dans une copie de son témoignage. Arrêté le 1er juillet 2013 sur ordre du juge d’instruction Maximin Pierre, Sherlson Sanon, 25 ans, est actuellement écroué à la prison civile de Port-au-Prince. Il a été entendu au cabinet d’instruction le 3 juillet 2013 en présence de ses avocats Mario Beauvoir et Alex Joseph. L’avocat de Sanon, Mario Beauvoir, a fait part à AlterPresse de ses préoccupations quant à la protection de la vie de son client. « Nous sommes au courant qu’on cherche à l’assassiner dans sa cellule même. Aussi nous demandons aux autorités judiciaires de tout mettre en œuvre pour protéger notre client », indique Me Mario Beauvoir. Se basant sur le secret de l’instruction et du sens de l’éthique de l’avocat, Me Beauvoir ne veut pas donner de détails sur les nouvelles révélations faites par le nommé Sherlson Sanon le 3 juillet au cabinet du juge Maximin Pierre. Des sources journalistiques dignes de confiance dans le Sud-Est ont confirmé l’existence de la base Kakos et affirment que Sherlson Sanon serait originaire de Peredo, une localité de la commune de Marigot. Le gang Kakos semble être lié à celui de Clifford Brandt. Edner Come, membre de Kakos et connu encore sous le nom de Jackson Traveuno, est actuellement recherché par la police dans le cadre de l’enquête judiciaire relative au démantèlement du gang dirigé par Clifford Brandt. Messieurs Lambert et Zenny dénoncent « une machination politique » et disent ne connaître aucunement Sanon. Contacté à ce sujet à plusieurs reprises par AlterPresse, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Lucmane Delille, a laissé entendre qu’il ne pouvait donner d’entrevue et qu’il était « au four et au moulin ».
P-au-P, 05 juillet 2013[AlterPresse] --- Le nombre de cas de choléra en Haïti est passé de 3 mille 357 en mai à 4 mille 713 en juin 2013, soit une augmentation considérable de 40% par rapport au mois précédent, signale le Ministère de la santé publique et de la population (Mspp). Depuis son apparition dans le pays en octobre 2010, la maladie a fait 8 mille 136 morts. Le plus grand nombre de cas est recensé dans les départements de l’Ouest, du Nord, du Sud-Est et de l’Artibonite (nord), indique le bulletin du bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha). Cette recrudescence est due à « l’avènement de la saison des pluies en mai et des difficultés permanentes pour assurer un niveau acceptable des services d’assainissement et de sensibilisation à l’hygiène auprès des populations vulnérables », poursuit-il. La faible présence des structures de santé nationales dans plusieurs communes dont Delmas, Carrefour ou Léogâne demeure une préoccupation. A travers tout le pays, une diminution est observée dans le nombre d’Unités de traitement du choléra (Utc) passant de 71 à 13 entre décembre 2012 et juin 2013. Le nombre de Centres de traitement du choléra (Ctc) est, pour sa part, passé de 20 à 15. Un manque de financement par les partenaires des Organisations non gouvernementales (Ong) serait à l’origine de la fermeture de la grande majorité des Ctc, d’après le bulletin. Entre les 14 et 24 juin, plus de 15 nouveaux cas de choléra ont été enregistrés dans la première section de Marchand Dessalines (Artibonite). De nouvelles augmentations ont été enregistrées dans les communes de Gonaïves, Saint Michel, Verettes et Saint Marc, selon des données épidémiologiques de la Direction sanitaire de l’Artibonite (Dsa), recueillies du 16 au 22 juin. Au cours de la même période, 15 cas et 2 décès ont été répertoriés dans l’Ouest à Belot (Kenscoff). Ces gens seraient contaminés suite à la consommation d’eau provenant de sources non traitées. La mise en route d’actions de sensibilisation et de décontamination des maisons sur les lieux de provenance des cas tardent encore à cause d’un manque d’acteurs de santé, constate Ocha. [emb kft gp apr 05/07/2013 14:10]
Une dizaine de Partis politiques, regroupés au sein d’un consortium, appellent le Collège transitoire du Conseil électoral permanent (CTCEP) à organiser les élections dans le pays d’ici la fin de l’année. Lors d’une conférence de presse, vendredi, dans leur local à Port-au-Prince, le Consortium national des Partis politiques haïtiens a dénoncé la lenteur des membres de l’institution électorale chargée d’organiser les prochaines élections dans le pays. « Il y a déjà un vide, avec l’absence d’un tiers au Sénat de la République et dès la deuxième semaine de janvier 2014 il y aura un autre tiers qui partira. D’où la nécessité pour les acteurs concernés d’organiser les compétitions électorales à la fin de cette année pour combler le vide », a déclaré Jeantel Joseph, président du consortium. Pour lui, si les élections ne s’organisent, au plus tard, à la fin de l’année en cours, le pays pourrait faire face à une crise politique « grave ». « Il y a aussi les collectivités territoriales à réaliser dans le pays, car le mandat des maires issus des dernières élections en 2006 est arrivé à terme depuis longtemps. Là encore, il y a un vide à combler », a signalé Jeantel. Ce dernier a indiqué que, « tous les Partis membres du consortium sont prêts à participer aux élections à tous les niveaux… ». Pour que les compétitions électorales aient lieu à la fin de cette année, le Consortium national des Partis politiques haïtiens souhaite l’application de la loi électorale 2008, déjà en vigueur, et se positionne contre l’idée d’amendement de cette loi.
ECONOMIE Intervenant lors du premier programme télévisé de vulgarisation des actions du gouvernement, M. Lamothe a révélé qu'Haïti a bénéficié depuis 2008 de plus de 1.3 milliards de dollars dans le cadre de PétroCaribe. Ces fonds ont permis la réalisation de 189 projets dans les domaines des infrastructures, de l'agriculture, de l'éducation et de l'assistance sociale. M. Lamothe révèle que 60% des fonds ont été alloués au secteur des infrastructures, jugé prioritaire par l'administration Martelly. Le Premier ministre haïtien se réjouit également que les autorités vénézuéliennes aient décidé d'annuler une partie de la dette estimée à 395 millions de dollars. Dans le cadre d'un nouvel accord, les pays membres de la ZEP (zone économique PétroCaribe) pourront rembourser leur dette par la fourniture de denrées alimentaires au Venezuela. Le chef du gouvernement annonce que le Bureau de Monétisation mettra en place une table sectorielle pour qu'Haïti puisse rembourser sa dette de plus d'un milliard de dollars. Selon le Premier ministre Lamothe, ces fonds seront utilisés pour renforcer des filières agricoles identifiées par les membres de la table sectorielle. « Nous avons la volonté politique de transformer le pays », a insisté M. Lamothe qui a laissé entendre que le gouvernement recherche des fonds pour réaliser de nombreux projets de développement. Le Premier ministre haïtien Laurent Lamothe a déclaré le samedi 6 juillet vouloir la fin du néo-libéralisme en Haïti. « Les gouvernements précédents ont appliqué une politique ultra-libérale, estime Laurent Lamothe. Ils ont cassé toutes les taxes, les tarifs douaniers et tous les produits ont envahi notre pays. Notre production nationale est tombée à zéro. » Pour le Premier ministre haïtien, la dette contractée auprès du Venezuela n'est pas un handicap mais une aubaine. Pour lui, la logique de Caracas est simple : « Ne payez pas cash, mais envoyez-nous plutôt de la nourriture. » Cet accord permettrait à Haïti de relancer son agriculture et donc de sortir de la misère. Tel est le discours du gouvernement. Mais arriver à produire suffisamment pour exporter est un défi immense : aujourd'hui l'insécurité alimentaire touche deux compatriotes haïtiens sur trois.