22 mars 2026
PARIS, dimanche 22 mars 2026 RHINEWS)- Le Forum haïtien pour la paix et le développement durable, une plateforme regroupant des organisations de la diaspora, a adressé une correspondance formelle au Conseil électoral provisoire pour réclamer la mise en œuvre effective du droit de vote des Haïtiens vivant à l’étranger lors des scrutins prévus en 2026, selon une lettre datée du 5 mars.
Dans cette correspondance adressée au président du CEP, Jacques Derrosier, le FOHPDD, présidé par Samuel Colin, souligne que « les Haïtien(nes) résidant à l’extérieur du pays […] sollicitent formellement la mise en œuvre des mécanismes nécessaires permettant à la diaspora de participer aux prochaines élections générales de 2026 ».
Les signataires rappellent que la Constitution de 1987, amendée en 2011, reconnaît « explicitement le principe de la pluri-nationalité et l’appartenance pleine et entière des Haïtiens de l’étranger à la nation », tout en déplorant leur exclusion persistante des processus décisionnels. « Malgré notre contribution économique vitale — qui représente plus d’un tiers du PIB national — nous demeurons systématiquement exclus des décisions politiques majeures », écrivent-ils.
Le FOHPDD invoque également les principes d’inclusion démocratique ainsi que les récentes réformes électorales, notamment le décret de décembre 2025, pour justifier sa demande d’intégration de la diaspora dans le processus électoral.
Parmi les propositions formulées, l’organisation préconise la création d’une commission de cinq experts issus de la diaspora, chargée d’étudier les modalités concrètes du vote à l’étranger. Elle recommande aussi de faciliter l’inscription sur les listes électorales via les consulats et ambassades, notamment par l’accès aux cartes d’identification nationale.
Le FOHPDD suggère en outre l’établissement de centres de vote dans plusieurs grandes villes à forte présence haïtienne, notamment Miami, New York, Montréal, Paris et Santo-Domingo, ou encore l’exploration de solutions de vote électronique sécurisé.
Dans sa correspondance, la plateforme insiste sur les implications politiques de cette exclusion. « L’inclusion de la diaspora n’est pas seulement une question de justice, c’est une nécessité pour la légitimité du futur gouvernement et pour la stabilité à long terme d’Haïti », affirme-t-elle, ajoutant : « Nous ne pouvons plus être considérés comme de simples bailleurs de fonds, mais bien comme des acteurs politiques à part entière. »
Consciente des contraintes financières de l’État haïtien, l’organisation propose un mécanisme de cofinancement reposant sur la diaspora elle-même, évoquant « des contributions volontaires » liées notamment à la délivrance de documents d’identification afin de couvrir une partie des coûts logistiques du vote à l’étranger.
Le FOHPDD précise que ce dispositif s’inscrit dans un contexte où les transferts de la diaspora dépassent les trois milliards de dollars américains par an, et soutient que « le vote de la diaspora ne sera pas un fardeau financier pour l’État haïtien », mais relèvera d’une logique d’auto-financement ou de cofinancement, facilitée par les outils de technologie financière.
Le modèle avancé repose sur la création d’un fonds dédié à la citoyenneté transnationale, chargé de centraliser les contributions et d’en garantir l’affectation exclusive à l’organisation des opérations électorales. Il inclut notamment une contribution citoyenne volontaire, assimilée à un mécanisme de financement participatif destiné à soutenir directement la logistique du scrutin.