6 janvier 2026 - WASHINGTON, 6 janvier 2026 (RHINEWS)- Un sénateur démocrate américain a annoncé son intention de soumettre au Sénat une résolution fondée sur les pouvoirs de guerre afin d’empêcher toute action militaire des États-Unis contre le Groenland sans l’aval préalable du Congrès, après l’intervention militaire américaine menée le week-end dernier au Venezuela.
Le sénateur Ruben Gallego a indiqué qu’il déposerait une résolution visant spécifiquement le Groenland, territoire semi-autonome du Danemark, après que le président Donald Trump a, à plusieurs reprises, suggéré que ce territoire devrait faire partie des États-Unis. Selon l’élu de l’Arizona, le Congrès doit agir pour prévenir toute nouvelle initiative militaire unilatérale de l’exécutif.
« Nous devons l’arrêter avant qu’il n’envahisse un autre pays sur un coup de tête. Plus de guerres sans fin », a écrit Ruben Gallego sur les réseaux sociaux.
Les résolutions sur les pouvoirs de guerre bénéficient d’un statut procédural privilégié au Sénat, permettant aux élus de forcer un débat et un vote. Par le passé, les démocrates ont déjà tenté, sans succès, de limiter les frappes ordonnées par Donald Trump, notamment contre des navires soupçonnés de trafic de drogue et lors d’actions militaires visant le Venezuela.
Le cas du Groenland pourrait toutefois être différent, dans la mesure où il s’agit d’un territoire relevant d’un allié des États-Unis au sein de l’OTAN. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, a minimisé la perspective d’une telle opération militaire, affirmant qu’elle ne faisait pas l’objet de discussions sérieuses.
« Ce n’est pas quelque chose que quiconque envisage sérieusement », a déclaré John Thune mardi.
Malgré ces assurances, les démocrates souhaitent contraindre les républicains à se prononcer publiquement sur ces questions. Le sénateur Tim Kaine a évoqué la possibilité de nouvelles initiatives parlementaires pour encadrer l’action militaire du président.
« Il a évoqué à plusieurs reprises le Groenland, Cuba, le Mexique, la Colombie. Il a mené des actions militaires jusqu’au Nigeria », a déclaré Tim Kaine, estimant que les sénateurs devraient se positionner sur l’ensemble de ces dossiers.
Le Sénat doit par ailleurs se prononcer jeudi sur une résolution bipartisane visant à exiger l’approbation du Congrès avant toute nouvelle action militaire américaine au Venezuela. Une démarche similaire avait déjà échoué, et John Thune s’est dit « optimiste » quant à un nouveau rejet du texte.
La sénatrice républicaine Susan Collins, qui s’était opposée à une précédente résolution sur le Venezuela, a indiqué qu’elle n’avait pas encore arrêté sa position, tout en appelant l’administration à clarifier sa stratégie.
« Je ne comprends pas ce que le président veut dire lorsqu’il affirme que nous allons “diriger” le Venezuela », a-t-elle déclaré, ajoutant que « ce sont les Vénézuéliens qui doivent diriger le Venezuela ».