Ça y est : Les résultats ont été communiqués. Le second tour des élections présidentielles et législatives aura lieu le 20 Mars avec deux candidats : Mirlande Manigat et Michel Marthelly . Quant au candidat du pouvoir, Judes Célestin, il est définitivement écarté.
Cependant n’allez pas croire que tout est fini pour cela et qu’on peut pousser un OUF de soulagement, la violence populaire ayant été évitée.
Ce serait trop beau…
Trois des HUIT Conseillers électoraux ont refusé de signer le protocole. Il est vrai que les cinq autres l’on signé, ce qui représente la majorité.
Quant au président du Conseil électoral provisoire, Mr Gaillot Dorsainville, il est parti pour Washington aussitôt communiqué les résultats.
La journée du 3 Février a été calme. Les écoles ont fonctionné, de même que les banques et les rues quoiqu’ayant une circulation ralentie n’ont pas été vides. Prochaine étape le 7 Février. Le Président Préval avait fait part de son intention de rester au pouvoir jusqu’à l’installation d’un nouveau gouvernement. Il avait choisi comme date pour partir, le 14 Mai , celle de sa prestation de serment. Mais un secteur de l’opposition y est complètement opposé et menace de tout mettre à sac si le chef de l’Etat ne s’en va pas le 7 février.
Le 7 Février est donc la nouvelle échéance dans un pays qui semble ne vivre que pour ça.
La mort a suivi la tentative d’un Pasteur qui a voulu soigner ses enfants au lieu de laisser les parents les conduire à l’ hôpital. C’est ce qu’ont révélé les officiels de la santé en République dominicaine vendredi.
Quatre autres enfants diagnostiqués eux aussi de cholera ont pu être sauvés quoique le Pasteur haïtien de l’église Body of Christ avait voulu faire pareil avec eux. Depuis le Pasteur est en fuite. On le connait surtout sous le nom de Prophète et il avait persuadé les parents d’emmener les six enfants pourune cérémonie curative après qu’ils aient montré les symptômes de cholera. Les autorités n’ont pas donné trop de détail sur la cérémonie mais ont dit qu’elle n’impliquait pas de traitement médical.
Le Pasteur avait enfermé les enfants à l’intérieur de son église lundi dernier et a tenté par la suite de raviver les deux victimes âgées de 3 et 9 ans, à travers un rituel. Voyant que cela ne marchait pas et que les enfants étaient morts et bien morts, il s’est enfui de l’église localisée dans une communauté rurale de Puerto Plata, dans le nord de la république dominicaine. Emilia Jean, la mère de l’enfant de 9 ans a raconté aux autorités que son fils s’était plaint de fortes douleurs d’estomac. On ne sait pas quelle a été la cause de la contamination des enfants dans ce cas. Les autorités de la santé ont ordonné des tests de laboratoire dans des échantillons d’eau tiré d’une rivière avoisinante où le Pasteur fait souvent des cérémonies. Au total seulement 3 morts par choléra ont été répertoriés en République dominicaine d’où les autorités continuent de déporter des centaines de migrants haïtien, craignant toute contamination par le choléra. Ils sont environ 300 cas diagnostiqué en République dominicaine partageant l’île avec la République d’Haïti où le nombre de morts a atteint 4.000
La nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre sur internet et les journaux en ont longuement parlé. Ils ont aussi publié des photos de l’ex-colonel Michel François visiblement dévasté. Rappelons que Michel François, fortement impliqué dans le coup d’état ayant renversé le président Jean Bertrand Aristide en 1991 s’était enfui pour la République dominicaine par la suite. Forcé de quitter la République dominicaine, pour ses activités impliquant le trafic de drogue, Michel François avait trouvé refuge au Honduras. Les autorités avaient refusé de l’extrader, comme le réclamait les Etats-Unis. Cet ex-chef de la Police de Port-au-Prince ne faisait pas beaucoup parler de lui et la nouvelle de l’assassinat de son fils Bernard Michel François remet sur la sellette cet homme responsable de la mort de tant de gens en Haïti après le coup d’état réalisé conjointement avec le général Raoul Cédras le 30 septembre 1991.
L’avocat américain de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, Me Ira J. Kurzban devait laisser ce samedi Port-au-Prince, avec en poche un passeport diplomatique pour permettre à l’ancien président de revenir en Haïti à une date qu’il pourra lui même déterminer. Maitre Kurzban était arrivé vendredi à Port-au-Prince avec tous les documents nécessaires . Le ministère des affaires étrangères a donné son OK . Le ministère de l’Intérieur a procédé immédiatement à l’analyse des documents présentés par Me Kurzban. Ils ont été considérés comme corrects. Et un passeport diplomatique remis.
Dans une lettre rendue publique le samedi 5 Février le candidat du pouvoir et de la plateforme INITE a tenu à faire le point sur ses mésaventures. Judes Célestin qualifie d’élan patriotique et de souci sincère de changer les choses son engagement dans la course présidentielle. « Puis vinrent les élections du 28 Novembre 2011 et la confusion savamment entretenue. .. Le gouvernement tombant grossièrement dans le piège des sourires et des empressements diplomatiques sollicita l’assistance technique de ses fossoyeurs. »
« Ainsi sommes nous arrivés en cette première semaine de février…à ces résultats mensongers que notre CEP a infligé à la conscience nationale ».
Puis Judes Célestin décrit son amertume devant l’attitude de ses coreligionnaires de la plateforme INITE qui n’ont pas hésité à le vendre, en le laissant tomber. Mais en même temps il se moque d’eux qui tellement pressés d’agir n’ont pas consulté la Loi électorale qui ne reconnaît pas à un parti le droit de désister son candidat… Il dit son indignation, sa colère, sa révolte… Et il pose la question suivante : « Comment comprendre la mise à l’écart du candidat à la présidence de INITE alors que tous les candidats législatifs de la plate-forme lesquels ont mené avec lui campagne commune et conjointement ont largement gagné dans tous les départements dans toutes les circonscription du pays… Judes Célestin termine en concluant qu’il n’est pas fait de cette pâte malléable qui prend la courbure de la main qui la pétrit et qu’il est des valeurs suprêmes qu’il ne saurait vendre pour des plats de lentilles… « Je n’étais pas prêt à ramasser le sceptre présidentiel dans la gadoue et la boue et courir le risque d’y laisser mon orgueil et mon prestige… Il qualifie ces résultats de prime à la violence… et conclut par ces paroles : Un militant ne perd jamais la guerre : il perd des batailles, mais s’il garde ses convictions, elles en sortent enrichies et renforcées .