La capitale haïtienne a fait peau neuve en ce jour du 14 Mai, jour de l’investiture du 46ème Président de la République d’Haïti, Mr Michel Martelly. Des associations de quartier avaient décidé depuis le début de semaine de donner un grand coup de balais, enlevant débris, immondices, repeignant les murs et collant partout de grandes affiches du nouveau président. Au Champs de mars occupé toujours par les sinistrés du séisme du 12 Janvier, une veillée de prière a eu lieu pendant toute la nuit. Et la diaspora haïtienne est au rendez-vous. Elle est rentrée en foule dans des avions chargés au maximum. Un service d’ordre très serré avait bouclé dès les premières heures de la matinée du 14 mai les divers périmètres prévus pour les cérémonies d’investiture.: - Le Parlement où le Président élu a prêté serment sur la Constitution - Le Palais National où une structure temporaire avait été construite sur la pelouse tout autour des ruines de l’immeuble tellement secoué le 12 Janvier - Et le Karibe Convention Center où devait se terminer la journée par une réception avec les invités d’honneur.: Chefs d’état et de gouvernement, Nonce Apostolique, Directeurs généraux, ambassadeurs… etc….etc… un total de 2.500 invités dont 150 dignitaires étrangers. Entre l’accueil des invités, les travaux sur les sites des cérémonies, la toilette de la capitale et d’autres dépenses non révélées, l’investiture samedi du nouveau dirigeant haïtien coûtera au pays la bagatelle de 4,5 millions de dollars
Il était près de 8 heures 45 quand le président élu est arrivé au Parlement , accompagné de son épouse Sofia pour la séance en assemblée nationale. A ses côtés le président sortant René Préval et son épouse. Soudain une panne de courant. Informations recueillis : le Parlement était sur circuit fermé , c’est à dire alimenté uniquement par génératrice et non par le courant de l’ED’H. C’est la génératrice qui est tombée en panne, déclenchant ce « black out. « Le premier moment de stupeur passé, le chef de l’Etat a décidé de prêter serment dans le black out. Ce qui a été fait. Lui emboitant le pas, le président de l’Assemblée Nationale, Roudolphe JOASIL lui a passé au cou l’écharpe présidentielle qui jusqu’à présent se trouvait au cou du président sortant René Préval.
Le Président Michel Martelly a prêté serment à 9h 10 dans le noir, une malencontreuse panne d’électricité s ‘étant produite aussitôt après l’arrivée des deux chefs d’état. Le Président de l’Assemblée Nationale Roudolphe Joasil a passé l’écharpe présidentielle au président Michel Martelly. Fin delà cérémonie au Parlement
Après avoir fait un crochet au MUPANAH, le Musée du Panthéon National où une gerbe de fleurs a été déposée par le président Martelly en l’honneur des héros de la nation, le nouveau président a fait une visite du Musée entouré de sa femme et de ses quatre enfants. Pendant ce temps la foule se massait devant le musée et le Palais national attenant faisant la joie des journalistes qui promenaient leurs micros pour l’enregistrement de déclarations toutes aussi pleines d’espoir les unes que les autres, mais aussi déclarations très hostiles au président sortant René Préval, certains réclamant même son arrestation.
Les nouvelles tribunes dressées sur la pelouse du Palais National étaient pleines de monde. Et il était près de 11 heures du matin quand la famille présidentielle a pris position sur l’estrade dressée à cet effet. C’est alors que le Te Deum a commencé Cérémonie très longue présidé par l’Archevêque du Cap Haïtien – Président de la Conférence Episcopale Monseigneur Louis Kébreau, assisté des autres membres de la Conférence Episcopale. Monseigneur Louis Kébreau a prononcé n message très écouté dans lequel il a parlé de la difficulté de la tâche qui attend le nouveau président, qui a tenu à souligner la mission du président aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Il a aussi parlé de la souveraineté nationale. L'heure est venue de nous approprier notre destin hypothéqué. Un message rassembleur. L'archevêque du Cap a aussi parlé des voies et moyens pour sortir de cette totale dépendance. " Il n'y a pas de sortie sinon tous ensemble"
L’épitre a été lue par Daniel Rouzier, pressenti comme futur premier ministre. Le Te Deum a dépassé de beaucoup l’heure prévue pour l’adresse du Président Michel Martelly à la nation et il était Midi Trente que la cérémonie religieuse n’avait pas encore pris fin.
Il était près d'une heure quand s'est terminée la cérémonie religieuse.
Prochaine étape: L'adresse du chef de l'Etat à la nation.
C’est à une heure de l’après-midi que Michel Martelly a prononcé son premier message à la nation en tant que Président de la République. Le Président prend position sur l’estrade . Le peuple - plusieurs milliers - très excité agite les mains pour saluer Michel Martelly. Un signal de rassemblement est lancé par 5 joueurs de lambi. Une heure 5 Michel Martelly commence les salutations d’usage en mentionnant chacun des membres de l’assistance venus spécialement pour la cérémonie du 14 Mai. « Il insiste sur le « Tous » qu’il représente. Puis il s’adresse au peuple en créole c’est très direct :
Les grands thèmes du discours
Nous sommes un grand peuple ! « Pèp ayisyen la sa pat bon tout bon, nou te pase pran mwen tèt kalé. Mwen te di nou, nou te kapab fèm konfyans. Se poutèt sa mwen pase pran nou tou-t san exsepsyon Jody-a. Nou pral refèt peyi sa-a, fèl soti dyanm. Nou pap kontinye pran himiliasyon, nan longe kwi nou tout tan. Pou jan nou kon travay !!! pou jan pèp aysyen –an se moun ki gen kouraj… Kouray Michaëlle Jean, Kouray Wyclef Jean, Kouray Dumas Suméus. Na l konstroui kay moun et nou pa konstwi lakay nou. Sa k te gentan gen la-a !!!
Sécurité An nou mete tèt ansanm pou nou ka rekonstrui peyi- a. Mais pou ou ka rekonstri peyi a fò gen sekirite nan peyi-a pou tout moun kè kalm. Sa-a mwen pap negosye li. Et si on moun komprann lap vin fè dezòk, kreye insekirite, pou peyi-a pa ka mache, la justis ap sévi avè ou la JISTIS ap sévi kòm sa kwa.
Nan sekirite, ou jwen stabilité. Sa vle di bèf peyizan-yo , yo pap kontinye senyen yo. Ou pap kapab kontinye monte sou tè peyizan yo vin n fè dappiyan. Pou zotorite policière et judicière yo, mwen di PRAN MEN NON. Mwen di assez kidnapping assez assasinay sou pitit pèp la, sou policier. « Nous allons réablir l’autorité de l’état » L’ordre et la discipline devront régner sur le pays tout entier. Sou prezidans mwen, obligasyon leta-a se sévi pèp ayisyen. Menm jan obligason sitoyen an se rempli devwa li kòm sitoyen. Peye taxes li pou li ka jwen sévis leta a dwe li. Sa fè longtemps na’p sévi ak mizè peyi-a pou nou regle afè pa nou. Li lè li temps pou nou kapap vann richès kiltirèl nou. Haïti est un pays riche Artisana se panm Peinture haïtienne, se gwo koze. A partir de Jody-a a nou fè tèt nou promès. Rale riches ou mete yo deyò. Sèvi avè yo pou drapo peyi –a ka flote ankò pi ro. Youn sosyete sans moral, youn société sans valè, se kòm si se on machin sans valè Education Jody-a mwen di map mete tout timoun lekòl gratis Yo di mwen fou Et ben mwen gen nouvel pou nou Non seulement map mete lekòl gratis, mais mwen pral batay pou lekòl la vinn obligatoire. Se konsa yon lidè responsab dwe aji Décentralisation Kanta zafè po moun panse Ayiti se Port-au-Prince sèlman, fòk sa kaba. Se tout peyi-a ki gen pou rekonstrui, ou aiti kote semans ap disponib, kote classe moyenne la pral prospere, parce que se classe myene ki se motè yon peyi.
Nou vle yon Ayiti kote kay pap konstrui nan ravine pou dlo passe pran yo… Secteur prive,a, moun an ba tente, moun handicape, mwen pap bliye nou Anbake, Leve kanpe. Mete men paske Ayiti ap tann nou. Communauté Internationale Kominote intènasyonal la,fè mwen konfyans, nan respè youn pou lòt. This is a new haiti. A new Haiti open for business ».
Nous pral mete Ayiti devant. Aiti d’abord. Ayiti toujours Aiti chérie. Tèt kalé.
C’était le message du 56 ème président de la république d’Haïti. Message s’adressant directement à la population.
La conférence épiscopale de l’église catholique romaine en Haïti préconise un nouveau leadership national en vue de sortir le pays de la dépendance totale vis à vis de l’extérieur, relève l’agence en ligne AlterPresse. Dans une homélie de circonstance, à l’occasion d’un “te deum” traditionnel – cette fois-ci sur la pelouse du palais national en ruines, la cathédrale de Port-au-Prince ayant été sérieusement affectée par le séisme du 12 janvier 2010 -, Mgr Louis Kébreau, président de la conférence épiscopale romaine en Haïti, suggère une nouvelle ligne directrice pour bâtir un plan national de développement durable. “A travers le respect mutuel, un air de liberté et de sécurité indispensables à l’épanouissement du peuple, l’Etat doit s’engager à construire un nouveau protagonisme national sur la scène nationale et internationale, à définir un nouveau profil de l’Haïtienne et de l’Haïtien, [à traduire concrètement] la volonté de la nouvelle administration politique d’être à l’écoute [de toutes et tous], notamment des personnes marginalisées et des sans voix éternelles”. Archevêque de l’archidiocèse du Nord d’Haïti, Mgr. Kébreau convie le nouveau président du 20 mars, Joseph Michel Martelly, tout juste investi dans sa nouvelle fonction, à ne pas se laisser bercer par les chants des sirènes [de la propagande et de la flatterie], mais plutôt à se consacrer aux intérêts fondamentaux de la population et à adopter une option de service dans le sens du “changement radical” qu’il affirme vouloir imprimer. « La tâche est immense, monsieur le président » Appelant le président Martelly à respecter les promesses, faites à la nation lors de sa campagne électorale, Mgr. Kébreau, d’un ton ferme, insiste sur la situation « dégradante » actuelle du pays qui nécessite une intervention rapide pour pouvoir améliorer les conditions de vie de la population. « Nous sommes un seul peuple et nous sommes fiers d’être Haïtien aujourd’hui, malgré nos multiples problèmes. Désormais, vous êtes le président de tous les haïtiens sans distinction aucune [ni tèt kale ni sa k pa tèt kale, slogan de Martelly]. Vous devez travailler au bénéfice de tout le monde et non d’un petit groupe restreint », avertit Mgr. Kébreau. L’église catholique romaine d’Haïti demande à la nouvelle administration politique de donner satisfaction au peuple qui a manifesté sa volonté, lors des dernières élections, en faveur de changements profonds dans la gestion des affaires publiques. Parallèlement, quelle que soit son appartenance sociale et politique, la population devrait s’unir afin de contribuer (toutes et tous) à la construction du pays. Pour sa part, dans cette perspective de transformations attendues, l’église catholique romaine promet de continuer à accompagner le peuple haïtien dans sa lutte pour refaire l’image du pays. « Aujourd’hui, l’heure est venue pour réconcilier la nation avec elle-même. L’heure est venue pour refaire l’image du pays, victime de tous les maux du monde », déclare Louis Kébreau. Le président de la conférence épiscopale de l’église catholique romaine en Haïti invite le président Martelly à faire montre de sagesse en se mettant au service des attentes de chacune et de chacun.