Le département du Trésor des Etats-Unis a annoncé, vendredi, des sanctions contre les chefs de gangs Johnson ANDRÉ alias IZo, Renel DESTINA alias Ti Lapli, Vitel’homme INNOCENT et Wilson JOSEPH alias Lanmò San Jou. Ces 4 chefs de gangs sont sanctionnés pour leur implication dans des assassinats, des enlèvements contre rançon, détention illégale d’armes à feu, détournement de camions de marchandises et association de malfaiteurs.
Dans une note publiée, le vendredi 08 décembre 2023, le Département d’État américain dit avoir pris des sanctions contre quatre puissants caïds à Haïti.
Le chef de file du gang de Village de Dieu, Johnson ANDRÉ, dit « Izo 5 secondes », celui du gang « #KrazeBaryè » situé à Torcel, Vitel’homme INNOCENT, le belligérant du groupe criminel basé à la Croix des Bouquets, Wilson JOSEPH, plus connu sous le pseudonyme « Lanmò san jou » et le chef rebel de Team Ascenseur, le gang de #GranRavin, « Ti lapli ».
Le Département d’État souligne que le nommé Izo est activement recherché par la Police Nationale d’Haïti, ce dernier est accusé d’avoir commis des actes comme assassinats, enlèvements contre rançon, détention illégale d’armes à feu, détournement de camions de marchandises et association de malfaiteurs. Renel Destina, dit Ti lapli, a commis des actes comme enlèvements suivi de séquestration, des meurtres, des vols, des viols, des pillages et des incendies de résidences. Il a aussi lancé plusieurs assauts contre les bâtiments de la PNH et tué plusieurs policiers.
Pour leur part, Vitel’homme INNOCENT et Joseph Wilson « Lanmò San Jou », figurant sur cette même liste, sont tous inculpés par la justice américaine dans des actes de kidnapping contre des citoyens américains en Haïti en octobre 2022.
De ce fait, les autorités américaines mettent leur tête à prix à 2 millions de dollars US. Toutes personnes disposant d’informations pouvant permettre d’appréhender ces puissants chefs de gangs, peuvent contacter les autorités étatiques.
Selon les données de l’ATF, environ 500 000 armes à feu circulent dans le pays. La majorité de ces armes proviennent des USA, et seulement 10 % sont légales. Des organismes des Nations Unies et les agences gouvernementales haïtiennes estiment que serait passé de 291.000 en 2018 à 600.000 en 2022 le nombre d’armes en circulation actuellement.
Les armes de poing, vendues moins de 500 dollars légalement aux États-Unis, peuvent être achetées jusqu’à 10 000 dollars en Haïti. Les gangs privilégient les fusils AK47, les AR15 et les fusils d’assaut #Galil. Les experts ont indiqué que la majorité de ces armes proviennent des États-Unis, notamment dans l’État de Floride, Miami.
La Ministre de la Culture et de la Communication, Mme Emmelie Prophète Milcé, a lancé ce jeudi 7 décembre 2023, à l’hôtel Karibe, l’initiative « Appui aux acteurs culturels pour la promotion de la paix et du respect des droits de l’homme aux jeunes (PBF Infrastructure de paix) ». Dans le cadre de ce projet dont la mise en œuvre est placée sous le leadership du Ministère de la Culture et de la Communication, en étroite collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Droits de l’homme, un protocole d’accord a été signé entre le MCC et plus d’une quarantaine d’organisations culturelles du pays.
L’initiative « Appui aux acteurs culturels pour la promotion de la paix et du respect des droits de l’homme aux jeunes (PBF Infrastructure de paix) » vise avant tout à apporter un appui technique et financier aux acteurs culturels afin qu’ils développent et véhiculent un contre narratif à la violence autour des jeunes, tout en renforçant l’engagement civique et citoyen de ces derniers. « Opérateurs culturels, vous êtes des leaders, par conséquent vous avez un rôle important à jouer dans le combat contre la violence et l’incivisme », a déclaré la Ministre de la Culture et de la Communication, Mme Emmelie Prophète Milcé, qui précise que ces derniers doivent agir dans leurs communautés respectives pour faire comprendre que la paix est une condition sine qua non pour un changement radical au sein de la société et contribuer ainsi « dans les combats pour rendre la population plus responsable, plus tolérant, plus pacifique tout en continuant à défendre leurs droits ».
Le Représentant du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en Haïti, M. Arnaud Royer, a de son côté insisté sur le renforcement des efforts de construction d’une architecture nationale de la paix autour des Haïtiens et Haïtiennes œuvrant dans les champs culturels et universitaires.
L’initiative « Appui aux acteurs culturels pour la promotion de la paix et du respect des droits de l’homme aux jeunes (PBF Infrastructure de paix) qui doit s’étendre sur l’année 2024 aura également pour objectif la décentralisation culturelle, la mise en place d’un service public élargi de la culture et de la communication par le biais des associations socio-culturelles des dix (10) départements géographiques du pays, signataires du protocole d’accord avec le MCC de manière à enrayer l’extension du narratif de la violence dans l’espace public.
En référence à l’Arrêté du 29 mars 2017, relatif au train de vie de l’Etat visant la rationalisation des dépenses publiques et pour une meilleure gestion de trésorerie, tous les ordonnateurs de l’administration publique veilleront à circonscrire les dépenses de fin d’année au strict essentiel.
En conséquence, sont interdites les commandes de cadeaux de fin d’année, notamment les corbeilles ou paniers de Noël, les cartes de voeux onéreuses et l’organisation de fêtes fastueuses aux frais de l’administration.
Le ministère de l’Economie et des Finances prendra toutes les dispositions nécessaires aux fins du respect scrupuleux de la présente circulaire.
Port-au-Prince, le 7 décembre 2023
WASHINGTON, vendredi 8 décembre 2023– Un groupe de membres démocrates de la Chambre des représentants a appelé vendredi l’administration Biden à retirer son soutien à une intervention militaire internationale planifiée en Haïti, ainsi qu’au premier ministre contesté du pays.
Dans une lettre adressée au secrétaire d’État Antony Blinken et dirigée par la représentante Ayanna Pressley (D-Mass.), six législateurs démocrates ont déclaré que l’administration devrait plutôt se concentrer sur la manière de couper l’accès des gangs du pays aux armes illicites et à la munition.
“Une autre intervention armée étrangère en Haïti ne conduira pas à la transition nécessaire vers un gouvernement démocratique dirigé par les Haïtiens. Au contraire, elle risque de déstabiliser davantage le pays, mettant en danger plus de personnes innocentes et consolidant le régime actuel illégitime”, ont-ils écrit.
“Nous croyons qu’un véritable engagement envers le peuple haïtien exige que les États-Unis retirent leur soutien au Premier ministre de facto Ariel Henry et encouragent des négociations pour une transition politique démocratique dirigée par les Haïtiens.”
L’instabilité persistante en Haïti a entraîné une émigration significative du pays. En 2023, les responsables de l’immigration aux États-Unis ont rencontré 163 781 ressortissants haïtiens arrivés sans autorisation préalable, dont 76 130 ont été rencontrés à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.
La diaspora haïtienne aux États-Unis et ses alliés ont périodiquement demandé à l’administration Biden de tourner le dos à Henry, qui occupe les fonctions de Premier ministre par intérim et de président par intérim de manière illégitime depuis plus de deux ans.
« Les autorités haïtiennes ont impliqué Ariel Henry dans l’assassinat de son prédécesseur, Jovenel Moïse, bien que les enquêtes en Haïti soient au point mort », selon les signataires de la correspondance.
“Malheureusement, le Premier ministre de facto, soutenu diplomatiquement par les États-Unis, a rejeté ces tentatives et a renforcé son emprise sur le pouvoir. Le département d’État ne devrait pas outrepasser la volonté du peuple haïtien – il est clair qu’un gouvernement de transition est la seule voie viable pour que Haïti retrouve stabilité et démocratie”, ont-ils écrit.
Cependant, Henry a réussi à influencer les gouvernements occidentaux et les Nations Unies pour soutenir une assistance sécuritaire continue et une mission de maintien de la paix dirigée par le Kenya dans le pays, selon cette correspondance co-signée par les représentants démocrates Yvette Clarke (N.Y.), Rashida Tlaib (Mich.), Barbara Lee (Calif.), Jan Schakowsky (Ill.) et Jim McGovern (Mass.). .
Depuis les années 1990, Haïti a accueilli sept missions de maintien de la paix de l’ONU; la mission de 2004-2017 a été tristement célèbre pour des allégations répétées d’abus des droits de l’homme par les casques bleus et une épidémie de choléra en 2010 liée aux casques bleus népalais de la mission.
Haïti, autrefois exempte de choléra, est désormais l’un des cinq pays signalant le plus de cas de la maladie, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.
Bien que la perspective d’une nouvelle mission de maintien de la paix puisse être impopulaire en Haïti, le président kényan William Ruto a volontairement proposé ses forces de sécurité pour diriger la mission, qui devrait également inclure des troupes de Jamaïque, des Bahamas et d’Antigua-et-Barbuda.
L’administration Biden a favorablement accueilli la participation du Kenya. Peu de temps avant la résolution de l’ONU autorisant l’intervention, le secrétaire à la Défense Lloyd Austin a visité Nairobi pour signer un accord de défense et promettre 100 millions de dollars pour financer la mission.
Bien que les forces de sécurité kényanes aient de l’expérience dans des déploiements de maintien de la paix en Somalie et au Soudan, les défenseurs d’Haïti ont exprimé des inquiétudes concernant leur bilan en matière de droits de l’homme et les objectifs de la mission.
“Cette année, les forces de sécurité kényanes ont tué jusqu’à 23 personnes lors de manifestations au Kenya, suscitant des préoccupations tant de l’ONU que d’Amnesty International Kenya concernant la brutalité policière”, ont écrit les démocrates.
“Avec l’absence d’objectifs clairs pour cette mission de soutien à la sécurité multinationale, nous croyons fermement que financer cette opération de sécurité en parallèle avec un soutien continu aux autorités haïtiennes de facto est une stratégie erronée qui pourrait avoir des répercussions catastrophiques pour le peuple haïtien.”
‘‘Et il n’est pas clair si la mission n’aura jamais lieu. L’opposition politique et juridique au Kenya menace de faire dérailler le déploiement, ont-ils souligné.
La Haute Cour kényane a bloqué l’autorité de déployer la force en octobre et a prolongé cette suspension jusqu’en janvier, bien que le parlement du pays ait adopté en novembre une motion controversée soutenant la mission.
Les six démocrates ont appelé Blinken à se concentrer plutôt sur le blocage du trafic d’armes vers Haïti, où des gangs armés exercent un contrôle de style militaire.
“Il n’y a pas de fabricants d’armes et de munitions en Haïti, les gangs s’appuient plutôt sur des envois en provenance des États-Unis pour s’armer”, ont-ils écrit.
Bien que les membres de la Chambre reconnaissent que “la violence quotidienne actuelle à laquelle le peuple haïtien est confronté est intenable”, ils affirment que l’approche actuelle de l’administration ne va pas améliorer les conditions.
“Au lieu de répondre hâtivement à cette situation en soutenant une intervention armée étrangère – une stratégie qui a été tentée et a échoué plusieurs fois en Haïti – nous vous exhortons à adopter une approche globale. Cela inclut le retrait du soutien à l’intervention militaire et la priorisation d’un gouvernement de transition représentatif en Haïti.”
L’ONU a souhaité vendredi que la force multinationale dirigée par le Kenya se déploie au premier trimestre de 2024.
PORT-AUPRINCE, vendredi 29 décembre 2023 – L’histoire qui sera racontée par les autres dira que nous faisons partie de cette génération qui a vécu l’effondrement social, économique et étatique. En réalité, nous avons vu venir le phénomène et en subissons aujourd’hui les conséquences pour avoir conçu les causes, par action ou déficit de stratégie. Ceux et celles qui ont pêché par action ont introduit dans nos échanges des incivilités jamais connues auparavant en Haïti. De telles inconvenances ont déchiré le tissu social, accentué l’appauvrissement de la population, détruit l’économie, provoqué la banqueroute généralisée des entreprises et fait succomber l’autorité de l’État jusqu’à son complet effondrement aujourd’hui. Toutes les conditions explicitées par Clément[1] sont donc réunies : a) Un État incapable d’assurer la sécurité interne et externe sur son territoire ; b) Un État ayant perdu sa capacité à extraire ses ressources et incapable de les allouer ; c) Et ces deux fonctions fondamentales, il les a perdues sur une période de plus de trois ans.
Nous sommes donc de cette génération témoin de plusieurs massacres de citoyens, de citoyennes et d’enfants par des fonctionnaires de l’État circulant librement et en toute arrogance à travers les rues de ce Port-au-Prince, désormais assiégées par des jeunes gens armés par nos élites politiques et économiques en toute impunité, jusqu’au moment des sanctions imposées par un pays étranger.
Notre génération a assisté à la dilapidation de plusieurs milliards de dollars américains des fonds PetroCaribe et de ceux du Trésor public par des opérateurs connus du système sous les yeux complaisants et complices de nos « pays amis ». Des fonds que les prochaines descendances auront à rembourser.
Notre génération, à force de jouir ou de souffrir de l’impunité, a vu notre système judiciaire faillir ; conséquemment, nous sommes traversés par des sentiments mélangés devant l’imposition de sanctions par des pays étrangers à de hauts fonctionnaires de l’État, à des hommes et femmes d’affaires les plus importants du pays pour leur participation présumée à des actes répréhensibles contre la société et contre le bien-être de leurs compatriotes.
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Comment allons-nous renaitre ?
Venus de l’Est de l’île, les soubresauts provoqués par les menaces du président Abinader pour la fermeture de la frontière à cause de la construction d’un canal sur la rivière Massacre à Ouanaminthe font poindre à l’horizon l’espoir d’un réveil de la conscience collective. Je nous invite à suivre cette voie toute tracée pour faire taire ces émotions négatives, casser nos projets égoïstes, et assainir l’environnement de ces effluves de haine qui pourrissent la vie de nos concitoyens et concitoyennes depuis déjà trop longtemps.
Dans sa quête de souveraineté alimentaire, le peuple de Ouanaminthe a parlé très fort, tout haut et d’un seul élan. J’invite tout un chacun à faire monter en écho ce noble cri pour qu’il retentisse dans tous les coins de notre pays. Il faudra tout faire pour capitaliser sur cet élan (conscience collective) afin d’édifier ensemble la base d’un « contrat social » cristallisant des idéaux de vivre-ensemble par la mise en place d’institutions à même de répondre aux exigences d’organisation de la société et aux besoins des citoyens de manière équitable.
Fritz Alphonse Jean
Président de l’INHOPP
Institut Haïtien d’Observatoire de Politiques Publiques