Décès de Pierre Denizé, ancien directeur général de la Police nationale d'Haïti
Pierre Denizé, 66 ans, directeur général de la PNH pendant le premier quinquennat de René Préval, entre 1996 et 2001, est mort dans un hôpital de Miami, ce dimanche 1er octobre 2017, a confié au journal son ami de longue date Alix Fils-Aimé.
Souffrant d’insuffisance rénale, Pierre Denizé était régulièrement dialysé. Il a eu une crise cardiaque. Ces derniers jours, en situation de mort clinique, il était maintenu en vie grâce à des machines, a expliqué l'ancien député Alix Fils-Aimé.
Alix Fils-Aimé, qui avait épousé une cousine de Pierre Denizé, a rappelé pour Le Nouvelliste le souvenir de son ami de jeunesse porté sur les plaisirs de la vie. Il nous a aussi parlé de celui qui a su faire un virage au point de fonder avec des amis l’Association pour la prévention de l’alcoolisme et autres accoutumances chimiques (APAAC) pour aider les autres à lutter contre les accoutumances. Plus tard, Pierre Denizé, ami de René Préval, dirigera à la demande du président la PNH avec sérieux.
« Il avait un sang-froid et un quotient intellectuel très élevé. Il a dirigé la PNH qui avait à l’époque 3000 membres et fait ce qu’il a fait pour remettre l'institution sur de bons rails», a expliqué Alix Fils-Aimé.
« Il y avait de la stabilité et le progrès au sein de la PNH sous Denizé. C’est sous sa direction qu’il y a eu les directives pour créer le Swat, le CIMO, la DCPJ et les unités territoriales », a confié Mario Andrésol, à l’époque commissaire de police. « Il n’était pas un mauvais directeur général. Il n’avait pas d’expérience dans le domaine mais il savait s’entourer de gens ayant les compétences nécessaires », a indiqué Mario Andrésol.
« J’ai de très bons souvenirs de lui »,a ajouté celui qui sera à son tour directeur général de la PNH au plus long règne dans l'histoire de la jeune institution. Andrésol à révélé que récemment, une délégation de la PNH avait rendu visite à Pierre Denizé à Miami.
« Avec le décès de Pierre Denizé, je pense qu’on a perdu un citoyen qui s’était mis au service du pays. Les Haïtiens, souvent amnésiques, doivent lui rendre hommage pour ce qu’il a fait au sein de la PNH, cette institution en gestation à l’époque », a confié Me Luc Eucher Joseph, ancien inspecteur général en chef de la PNH. Avec Pierre Denizé, Luc Eucher Joseph souligne avoir développé une grande complicité. Ce tandem, appuyé à l’époque par Robert Manuel, secrétaire d’État à la Sécurité publique, a « mis en place toutes les structures et les règles de gouvernance au sein de l’institution. C’est pendant cette période que le Swat, le Cimo, les unités de sécurité du palais national ont été montés», a expliqué Me Luc Eucher Joseph, terreur à l’époque des policiers ripoux et violateurs du règlement de discipline général.
« Pierre Denizé est l’un des directeurs a avoir stabilisé la PNH », a souligné Me Luc Eucher Joseph.
La date des funérailles de Pierre Denizé n’est pas encore connue.
KENNETH MERTEN EN VISITE EN HAITI EN MARCHE
Le sous-secrétaire adjoint et coordonnateur spécial d’Haïti au bureau des affaires de l’hémisphère, Kenneth Merten, a visité ce lundi 2 octobre 2017 le Sénat de la République. Au cours de cette visite, l’ambassadeur Merten a discuté de divers points avec le président du Sénat Youri Latortue tels : la coopération avec le Parlement haïtien, le renforcement de la Police nationale d’Haïti, et surtout la conjoncture actuelle
Le célèbre leader du groupe haïtien de musique « RAM», Richard Morse (que l’on voitsur la photo avec sa femme Lunise), vient de prendre position sur ces manifestations qui secouent Haïti, à la suite de l’adoption d’un budget impopulaire. Certaines personnes n’acceptent que les manifestations « pacifiques ». Richard Morse leur répond (je traduis son texte qui est en anglais, car il répond à des Américains ; j’ai abrégé son texte qui est très long) :
« J’ai du mal à accepter le concept d’une manifestation pacifique. Si des milliers de gens prennent la rue pour protester, il y a certainement quelque chose qui a mal tourné. Je suppose que la principale cause des protestations, ce sont des décisions économiques, sociales ou politiques injustes.
Ma question : est-ce qu’une politique économique injuste est assimilable à de la violence ?
Lorsque les Etats-Unis ont commencé à envahir l’économie haïtienne avec leur riz et leur sucre, était-ce de la guerre économique ? De la violence ? Est-ce que les petits fermiers haïtiens étaient représentés aux réunions d’import/export, ou bien les rencontres n’étaient-elles pas entre les élites économiques haïtiennes et les politiciens véreux qui allaient bénéficier de la nouvelle politique ? (…)
Cinq mille personnes qui risquent tout en prenant la rue pour demander un changement, est-ce que c’est de la violence ? Ils prennent le risque de se faire tuer, de se faire gazer, battre, arrêter, blâmer pour la violence ? N’y a-t-il pas mieux à faire que d’aller manifester ? Pourquoi sont-ils là ?
Qu’arrive-t-il quand la police disperse une foule de cinq mille personnes avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc ? Est-ce que c’est de la violence ? Sommes-nous en guerre ? Haïti est-elle en guerre avec elle-même ? Quand la guerre a-t-elle commencé ? Est-ce qu’elle a commencé quand quelques personnes se sont réunies pour décider d’envahir le pays avec leurs importations, quand le parlement s’est octroyé une augmentation, ou est-ce que la guerre a commencé quand les cinq mille personnes ont pris la rue ? (…)
Après des années de
- politique économique injuste,
- manque de justice électorale,
- disparition des fonds d’assistance,
- fermiers haïtiens forcés d’abandonner leurs terres et leurs biens pour devenir des ouvriers d’usines aux salaires de misère..
… Après des années d’abus, le peuple haïtien prend à nouveau la rue. Le peuple le plus pauvre de l’hémisphère, sous les griffes d’une élite économique monopolistique qui refuse de considérer les besoins des autres, essaie de son mieux de rectifier une mauvaise situation.
De quel côté est Washington ? De quel côté êtes-vous ?
La non violence, ça n’existe pas.
Il y a des niveaux de violence, des manifestations de violence, des réactions à la violence, mais de la non violence ? Pas possible.
De la justice ? Peut-être. Nous ne savons pas encore.
Bien vôtre cordialement et non-violemment. »
Richard Morse
Mon commentaire : l’évangile est non-violent. Rappelez-vous la remarque de Jésus à Pierre quand il essaie de le défendre avec son épée. Mais Jésus est parfois acculé à la violence, par exemple quand il chasse les commerçants autour du temple. Croyez-vous que les colons français auraient libérés leurs esclaves si ceux-ci ne s’étaient pas révoltés ? Devant la violence, on devrait réagir comme un médecin qui ausculte un patient : quelle est la cause de la maladie ? Quel est le remède qui la guérit ? Or, la violence actuelle a sa racine dans un système économique dirigé par des multinationales, des banquiers et des traders sans pitié dont le Dieu est l’argent. Ils en veulent toujours plus, à n’importe quel prix. C’est ce système capitaliste qui cause ces injustices. Certains ont voulu le remplacer, en Russie et en Chine. Ils n’ont produit que des goulags. Je pense que ce siècle verra peut-être l’émergence de systèmes politiques et économiques centrés sur les intérêts du peuple, et non pas du groupe infime qui possède et dirige presque tout. Mais ce système n’existe pas encore. D’où les résistances. Néanmoins, je pense qu’il ne faut surtout pas se résigner.
(Photo faite par Nadia Todres)
Père Jean-Yves Urfié
02 octobre 2017, 10:26
La loi de finances 2017-2018 est entrée officiellement en application le dimanche 1e octobre. Mais entre les promesses et la réalité, de la parole aux actes, le fossé est grand.
Depuis l’accession de Jovenel Moïse à la présidence d’Haïti, il n’a pas cessé de promettre aux citoyensdu pays une réduction du train de vie de l’État dans l’idée de combattre la corruption et d’améliorer les conditions de vie de la population. Pourtant, au grand étonnement de la population qui attendait réellement ce changement, on assiste plutôt à l’augmentation des crédits alloués au secteur politique, notamment le budget de la présidence qui est passé de 1 204 571 170 de gourdes à 1 613 170 854 milliards de gourdes, celui du Parlement de 3 911 686 455 à 7 198 967 642 de gourdes, ainsi que celui de la primature qui est passé de 1 824 688 094 à 2 003 094 853 de gourdes.
Le gouvernement s’était montré tellement conscient de la nécessité de rationaliser les dépenses de l’État, qu’en avril 2017 il a fait sortir un arrêté expliquant un ensemble de décisions qui devaient être prises dans le cadre de la réduction du train de vie de l’État. Création d’un parc de gestion d’automobile de l’État, les formalités d’achats et d’utilisation des véhicules de l’État, contrôle et entretien des véhicules de l’État, gestion des immatriculations, gestion des équipements professionnels, commandes publiques, achats publics et autres dépenses de fonctionnement sont, entre autres, les points que le gouvernement avait promis d’améliorer pour une gestion efficace des biens de l’État.
Les secteurs qui utilisent beaucoup plus les fonds des contribuables avaient été ciblés, dont le Corps diplomatique, le Cabinet du Président, du Premier ministre, des ministres, des secrétaires d’État et des directeurs généraux. Et pour donner l’impression qu’il allait y avoir vraiment d’amélioration, une cellule de doléances dénommée Observatoire des services publics (OSP) rattachée directement au cabinet du président de la République a été créée. Dans le cadre de sa mission, l’OSP est chargé de recueillir les plaintes de toute personne et de mener des investigations préliminaires sur les cas rapportés de gestion douteuse, d’inefficacité, de corruption ou d’abus de tout membre du service public. Le cas échéant, les autorités habilitées à enquêter sur les faits rapportés et à poursuivre leurs auteurs pourront être saisies par l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC)
Les initiateurs avaient mentionné dans l’arrêté que l’application de ces mesures doit nécessairement passer par le renforcement du corps des comptables publics et la généralisation des postes comptables, le recours systématique au système de prix de référence pour tous les achats et commandes publics, la généralisation du système des commandes et achats groupés, l’exigence du dossier d’analyse avantages-coûts dans la documentation pour chaque projet devant faire l’objet de marché public, le rajeunissement de la fonction publique, le respect scrupuleux du principe de recrutement sur concours de tout nouveau fonctionnaire, l’exigence de compétences vérifiées en matière de maîtrise des normes et principes de gestion pour tous les fonctionnaires et responsables de la gestion publique.
Cependant, cinq mois après la publication de cet arrêté, le gouvernement n’est toujours pas en mesure de prouver l’effectivité de ces mesures qui visent à réduire le train de vie de l’État. Où se trouve le parc d’automobile de l’État qui a été promis par le gouvernement ? Quel changement a été opéré au sein de l’administration publique et du corps diplomatique qui pourrait pousser la population à accorder le bénéfice du doute à ce gouvernement ? Au contraire, le personnel pléthorique des cabinets ministériels, le nombre surprenant des porte-paroles du président et les largesses consenties au Parlement sont des indicateurs qui prouvent que le train de vie de l’État a plutôt augmenté pendant les huit mois de gestion de l’administration Moïse/Lafontant. Est-ce qu’il y aura une plainte déposée auprès de l’OSP ? Il faut encore attendre.
Evens RÉGIS
5 jours à dormir sur le parking de l`aéroport dans l`espoir de s`envoler pour le Chili!
D`un côté, la compagnie aérienne haïtienne Sunrise Airways n`a pas pu obtenir l`autorisation des autorités chiliennes pour continuer ses vols vers Santiago, la capitale du Chili. De l’autre, le permis du transporteur Latin American Wings (LAW) n`a pas été renouvelé par l`OFNAC, (les autorités haïtiennes) en représailles aux difficultés rencontrées par Sunrise, la compagnie des Bayard. Les voyageurs haïtiens pour le Chili, bloqués à l`aéroport, se retrouvent donc pris entre deux feux
Port-au-Prince, dimanche 1er octobre 2017 ((rezonodwes.com))- Plusieurs dizaines de passagers, ce dimanche 1er octobre, l`œil rivé sur leurs bagages, ont été remarqués dans les parages de l`Aéroport International Toussaint Louverture par des collaborateurs de Rezo Nòdwès.
Désemparés, ils essaient, depuis près de cinq (5) jours, d`embarquer dans un avion en partance pour Santiago, la capitale du Chili. Mais toutes leurs tentatives ont été soldées par l`échec. « On dort ici toutes les nuits, n`osant pas sortir dans les rues, de peur de se faire attaquer puisque tout le monde sait qu`on est obligé de voyager au moins avec un millier de dollars américains en poche« , a expliqué un des jeunes.
Pourtant, ils ont rempli toutes les formalités exigées, se sont procurés un passeport valide et ont payé un billet de la compagnie LAW (Latin American Airwings) coûtant environ $1, 200 dollars.
« Au début, à chaque fois qu`on se présente au comptoir, on nous disait que notre nom n`est pas encore sur la liste et qu`on doit revenir le lendemain. Mais, actuellement, on nous dit que la compagnie LAW a des problèmes avec le gouvernement haïtien qui l`a interdit de voler sur Haïti« , s`énerve une jeune fille de 23 ans originaire de Thomassique (Plateau Central) et devant aller retrouver son fiancé à Santiago du Chili.
Prendre le vol pour le Chili à partir d`Haïti devient désormais un véritable casse-tète pour ces jeunes désespérés voulant coûte que coûte quitter le pays, en quête d`un meilleur avenir. En effet, ume guerre commerciale a éclaté entre les deux compagnies aériennes, Sunrise Airways et Latin Amercan Wings (LAW) pour s`accaparer le nouveau marché créé par le départ en masse de milliers de jeunes haïtiens pour le Chili.
Le journaliste Étant Dupain, qui a eu le temps de filmer quelques-uns d`entre eux, a fait part sur Twitter de leur frustration. Certains attendent depuis cinq jours, affirment-ils, la possibilité de laisser le sol national alors que d`autres viennent d`arriver sur les lieux avec leur réservation en bonne et due forme. Ils sontétonnés d`apprendre que le gouvernement avait décidé d`interdire les vols de LAW (Latin American Airwings), la compagnie chilienne qui devait les transporter sur leur terre promise.
Les responsables de cette compagnie, en attendant un accord avec l`état haïtien qui pourrait, à travers l`OFNAC (Office National d`Aviation Civile) renouveler les permis de LAW, ont annoncé que les clients ayant déjà un billet pourront bénéficier d`un pourcentage de remise et effectuer le voyage à partir de la République Dominicaine. Là encore, un gros risque à courir sur cette autoroute internationale quand l’on sait que ces potentiels voyageurs possèdent une petite somme d’argent difficilement collectée.
En attendant, la compagnie ne se trouve pas sur le tableau d’affichage des vols pour ce dimanche 1er octobre. On verra pour demain lundi qui arrive dans quelques heures, au jour 1 de la reprise des activités commerciales en Haïti, sous l’emprise d’un tout nouveau budget en vigueur.