Le Grand Prix international Metropolis Bleu 2010 vient d’être attribué à l’écrivain haitien Dany Laferrière pour l’ensemble de son œuvre. Ce prix, d’une valeur de 10.000 $, sera remis au cours de la 12e édition du Festival littéraire international de Montréal Metropolis Bleu, qui se déroulera du 21 au 25 avril à l’Hôtel Delta Centre-ville, à Montréal. « Je suis touché par ce prix qui couronne l’ensemble de mon œuvre, et je l’accepte en pensant à n’importe quel jeune écrivain qui écrit en ce moment en Haïti », déclare Dany Lafferière à un correspondant d’AlterPresse. « Je suis enchantée que Dany Laferrière ait accepté notre invitation, d’autant plus que cet auteur montréalais reconnu pour la qualité, l’audace et la pluralité des genres dans son œuvre est un ami du Festival Metropolis Bleu depuis longtemps », affirme pour sa part Linda Leith, présidente et directrice artistique de la Fondation Metropolis Bleu. Le Festival Metropolis Bleu travaille beaucoup avec Haïti, notamment avec la maison d’édition Mémoire d’encrier, qui organise sur une base régulière des animations et lancements autour des auteurs de la diversité. Pour Rodney Saint-Éloi, écrivain et directeur des éditions Mémoire d’encrier, « ce prix est un rappel du grand courage littéraire de Dany Laferrière. Après Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain, voici que L’énigme du retour (dernier roman de Laferrière) est en train de devenir le grand roman de la tragédie haïtienne », relève-t-il. « Avec Laferrière, c’est aussi d’Haïti et de sa dignité qu’il est question, un pays debout malgré toutes les dérives », ajoute Saint-Éloi. Parmi les précédents récipiendaires du Grand Prix littéraire international Metropolis Bleu, figurent Carlos Fuentes (2005), Maryse Condé (2003) et Norman Mailer (2001). L’énigme du retour (Grasset, 2009) est en lice en France pour six prix : Médicis, Fémina, Wepler, Décembre, Télérama, France-Télévision.
Kelly Bastien répond à la lettre du Premier Ministre.
Le bureau du Sénat de la République a opposé mercredi une fin de non recevoir à la requête de Mme Michèle Duvivier Pierre Louis en faveur de la soumission préalable des questions qui seront posées à la séance d’interpellation et de la communication à la Primature d’une copie du procès-verbal de celle au cours de laquelle des sénateurs avaient décidé de l’interpeller. Le bureau, dirigé par le vice-président Michel Clérié, en absence du président du Sénat Kelly Bastien, a immédiatement adressé une correspondance à Mme Pierre Louis pour lui rappeler que les séances au Sénat sont publiques et que, de ce fait, il n’y a pas lieu pour le Grand corps de lui envoyer copie d’un quelconque procès-verbal. Il ne lui sera pas également soumis de questionnaire relatif aux dossiers qui seront abordés lors de l’interpellation. Le bureau du Sénat en a profité pour réitérer au chef du gouvernement l’invitation qui lui est faite de se présenter ce jeudi à midi à la séance d’interpellation autour de sa gestion. Une majorité de sénateurs de la Plate forme présidentielle LESPWA et leurs alliés, serait prête à adopter une motion de censure contre le chef du gouvernement. Ce qui équivaut au renvoi pur et simple de celui-ci, selon la Constitution haïtienne de 1987 en vigueur.
Haïti : Michèle Pierre-Louis exige du Parlement des documents relatifs à son interpellation Le premier ministre haïtien, Mme Duvivier Pierre Louis, a écrit au Parlement pour exiger l’envoi de documents relatifs à son interpellation par les sénateurs de Lespwa (Espoir). Elle réclame, entre autres, le procès-verbal de la séance ayant débouché sur son interpellation et la liste des thèmes sur lesquels se portent les questions qu’on lui adressera. Dans cette lettre le Premier ministre s'étonne que les sénateurs interpellateurs , au lieu d'indiquer les motifs de leur initaitive, se sont oubliés à formuler, de préférence les conclusions de la dite séance d'interpellation. Le jugement est d'ores et déjà, sans aucun débat public sans aucune appréciation préalable et publique: " Incohérence et inefficacité de la politique générale du Gouvernement". Le vote de censure est donc acquis ! Et par oubli de leur devoir de réserve, certains sénateurs ont fait l'annonce triomphale de la motion de censure sur les ondes des stations de radio de la capitale. Belle victoire en vérité ! La communauté internationale et plusieurs secteurs de la vie nationale se prononcent contre cette initiative des sénateurs de Lespwa, tandis que Joseph Lambert, l’une des figures de cette plateforme politique au Sénat, jure de démissionner si le Premier ministre ne tombe pas jeudi.
Le premier ministre Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis ne s’est pas présentée au Sénat ce 29 octobre pour prendre part à la séance d’interpellation à laquelle elle était attendue pour répondre de sa gestion des affaires de l’État. Selon le président du Sénat, Kelly Bastien, le PM lui a fait parvenir une lettre pour annoncer sa décision de ne pas se présenter à cette séance qui malgré tout a débuté en début d’après-midi ce jeudi 29 octobre dans une atmosphère houleuse. Selon Kelly Bastien, le chef du gouvernement avance dans sa lettre que les motifs d’interpellation avancés par ses interpellateurs sont vagues, à savoir « l’incohérence et l’inefficacité de sa politique générale ». Michèle Pierre-Louis évoque également le fait que l’issue de cette convocation est déjà connue. La lettre, adressée directement au président du grand corps, affirmerait que les sénateurs ont décidé à l’avance du verdict réservé à l’équipe gouvernementale.
Est-ce le début d'une crise ? Le sénat haïtien a procédé dans la nuit à la destitution du premier ministre Michèle Pierre-Louis, qui n’a pas pris part à la séance d’interpellation. Par 18 voix en faveur de la destitution et une abstention (Jean William JeantyKonbaNippes), le sénat, dominé par la plateforme Espoir, partenaire du président René Préval, s’est prononcé après plus de 10 heures de débats souvent houleux. Le groupe minoritaire, composé de 9 sénateurs, a laissé l’hémicycle avant la phase finale de la séance, arguant que les normes ne permettaient pas de poursuivre les travaux après minuit. Le Sénateur Youri Latortue qui était l’invité de Mélodie Matin ce vendredi a precise qu’ils ont laissé la sale, parce que entre temps c’était n nouveau jour. Il était passé minuit.Donc on était au 30 Octobre et que la séance ne pouvait continuer sans une demande express du Président du sénat. Le sénat a voté en même temps une résolution qui considère désormais Michèle Pierre-Louis en tant que premier ministre démissionnaire et demande au président René Préval de prendre les dispositions nécessaires pour combler le vide gouvernemental. Selon la constitution, Michèle Pierre-Louis doit maintenant présenter sa démission au chef de l’État et continuer à expédier les affaires courantes jusqu’à l’entrée en fonction d’une autre équipe gouvernementale.