Port-au-Prince, 8 novembre 2025. — Le Premier ministre Fils-Aimé a déclaré que cette acquisition s’inscrit dans la volonté du gouvernement de renforcer et de moderniser l’institution militaire. Il a réaffirmé l’engagement de l’exécutif à doter les FAd’H des moyens nécessaires pour accomplir leur mission constitutionnelle.
De son côté, le ministre de la Défense, Jean-Michel Moïse, a salué le soutien du Premier ministre et du Conseil présidentiel de transition dans le processus ayant conduit à l’acquisition de ces équipements. Selon lui, ces véhicules permettront aux militaires d’appuyer la Police nationale d’Haïti (PNH) dans la lutte contre les groupes armés.
Le conseiller-président Leslie Voltaire a également exprimé la volonté du pouvoir de transition de renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées. Il a précisé que d’autres matériels, notamment maritimes et aériens, sont attendus dans les prochains mois au profit de l’armée.
Le ministre de la Défense a enfin indiqué qu’un second lot de dix véhicules blindés supplémentaires devrait arriver prochainement dans le pays, afin de consolider le parc d’équipements lourds des FAd’H.
Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)
Il arrive que, dans le vacarme des épreuves et le poids des jours, une nouvelle inattendue surgisse comme une braise vive. La sélection de Yanick Lahens pour le Grand Prix du Roman 2025, avec Passagères de nuit, en plus de sa nomination au Prix Goncourt, en est une.
Ce n’est pas seulement une reconnaissance littéraire : c’est une brèche ouverte dans la grisaille, un souffle qui traverse nos fatigues collectives. La littérature, avec sa puissance d’évocation, nous restitue un territoire de clarté où l’imaginaire sert de refuge et de tremplin. Dans un pays traversé par la tourmente, chaque geste de lumière, aussi ténu soit-il, devient signe de résistance et de fierté.
Et moi, citoyen haïtien et ancien étudiant de Madame Lahens à l’Ecole Normale Supérieure, je suis tellement fier et je dis : merci Yanick, merci pour Haïti.
Cette distinction n’appartient pas qu’à Yanick Lahens, elle rejaillit sur une communauté entière, sur une mémoire dispersée mais toujours vibrante. Elle nous rappelle que, même exilées ou entravées, nos voix persistent à franchir les frontières, à s’ériger contre l’effacement. Dans l’ombre des temps, Passagères de nuit devient étendard d’espérance.
Yves Lafortune,
Brickell City, le 2 Octobre 2025
Fact Checking News (FCN), 5 octobre 2025
Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a annoncé la nomination de Mme Nicole Flora Boni Kouassi, ressortissante de la Côte d’Ivoire, au poste de Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général pour le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), ainsi que de Coordonnatrice résidente et Coordonnatrice humanitaire des Nations Unies dans le pays.
Mme Boni Kouassi succède à la diplomate suédoise Ingeborg Ulrika Ulfsdotter Richardson, que le Secrétaire général a saluée pour son dévouement, son leadership et son engagement indéfectible envers les valeurs et les objectifs de l’Organisation.
Une carrière de plus de deux décennies au service du développement et de la paix
Avec plus de vingt-deux ans d’expérience au sein du système onusien, Mme Boni Kouassi apporte à sa nouvelle fonction une expertise reconnue dans les domaines du développement durable, de la consolidation de la paix, de la sécurité et de l’action humanitaire.
Avant sa nomination en Haïti, elle occupait depuis 2022 le poste de représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Niger. De 2019 à 2022, elle a exercé les fonctions de représentante résidente du PNUD au Burundi, tout en assumant, en 2021, le rôle de coordonnatrice résidente et humanitaire par intérim.
Sa carrière l’a également menée à occuper diverses responsabilités stratégiques, notamment en tant que représentante résidente adjointe du PNUD à Djibouti et au Niger, ainsi que spécialiste principale de la cohérence des Nations Unies au siège de l’organisation à New York.
Un profil académique et linguistique remarquable
Médecin de formation, Mme Boni Kouassi est titulaire d’un doctorat en médecine obtenu à l’Université Félix Houphouët-Boigny (anciennement Université de Cocody) à Abidjan, ainsi que d’une maîtrise en santé publique de Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, dans l’État du Maryland, aux États-Unis.
Outre sa langue maternelle, le baoulé, elle maîtrise couramment le français et l’anglais, atouts majeurs pour la conduite du dialogue entre les partenaires nationaux et internationaux en Haïti.
JJJ / FcnHaiti
PORT-AU-PRINCE, samedi 4 octobre 2025 (RHINEWS)- L’Ambassade des États-Unis en Haïti a salué jeudi la décision de la justice canadienne de condamner Gérald Nicolas, un ressortissant québécois, à cinq ans de prison pour avoir tenté de fomenter une révolution armée en Haïti. « Nous applaudissons le Canada pour son engagement en faveur de la justice ! Nous félicitons le Canada d’avoir tenu Gérald Nicolas responsable de ses tentatives d’incitation à la violence et de déstabilisation d’Haïti. Cette action décisive constitue une avancée majeure vers la fin de l’impunité et la promotion de la paix », a déclaré la représentation diplomatique américaine.
Washington a exhorté les autres nations à suivre cet exemple. « Les États-Unis appellent toutes les nations à suivre l’exemple du Canada et à tenir pour responsables ceux qui menacent la stabilité. L’ère de l’impunité est révolue », a ajouté l’Ambassade, soulignant l’importance de renforcer la coopération internationale pour sanctionner ceux qui alimentent la violence et le chaos en Haïti.
Mercredi, un tribunal au Canada a condamné Gérald Nicolas à une peine de cinq ans de prison. Selon un communiqué du Service des poursuites pénales du Canada (SPPC), l’accusé, originaire de Lévis, avait été reconnu coupable en mars dernier de toutes les accusations portées contre lui, notamment pour avoir quitté le pays « dans l’intention de faciliter une activité terroriste » et pour avoir effectivement contribué à de telles activités.
Le SPPC a précisé que Nicolas avait élaboré un plan visant à inciter une révolution armée en Haïti afin de renverser le gouvernement du président Jovenel Moïse entre 2020 et 2021. Il s’était rendu en République dominicaine et en Haïti pour tenter de mettre en œuvre son projet, en cherchant à obtenir des armes, en recrutant des partisans, en fournissant des fonds et en louant un terrain près de la frontière pour y installer une base d’opérations.
« Cette affaire concernait une conspiration visant à miner la stabilité d’un gouvernement étranger », a expliqué George Dolhai, directeur du SPPC. « Toute personne prête à poser des gestes pour inciter à des conflits armés afin de poursuivre ses objectifs, au Canada comme à l’étranger, sera traduite en justice », a-t-il insisté.
Lors du procès, Gérald Nicolas a affirmé qu’il voulait accomplir une « révolution tranquille et pacifique » destinée à « restaurer la dignité du peuple haïtien », son pays d’origine. Mais les jurés, composés de huit femmes et quatre hommes, n’ont pas retenu cette version. L’homme, inculpé pour la première fois en novembre 2022, s’était présenté comme un « prisonnier politique » après sa condamnation.
Cette affaire intervient dans un contexte de profonde instabilité en Haïti, marqué entre 2020 et 2021 par des manifestations violentes, la montée en puissance des groupes armés et l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, ce qui avait plongé le pays dans le chaos. Les autorités canadiennes rappellent que « toute tentative de complot visant à exporter la violence ou à aggraver l’instabilité d’un État étranger sera poursuivie avec la plus grande rigueur ».
PORT-AU-PRINCE, samedi 4 octobre 2025 (RHINEWS) – Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a tiré la sonnette d’alarme jeudi sur l’aggravation de la crise alimentaire en Haïti, où la violence des groupes armés paralyse la capitale et empêche l’accès humanitaire, tandis que le manque de financements contraint l’agence à réduire drastiquement ses opérations.
Selon les données présentées, près de 90 % de Port-au-Prince est aujourd’hui sous contrôle des groupes armés. « La violence a consumé chaque recoin de la capitale, aucun quartier n’est épargné, et les zones rurales autrefois paisibles sont désormais touchées », a déclaré Wanja Kaaria, directrice et représentante du PAM en Haïti. Cette situation isole les agriculteurs des marchés, fragilise davantage les circuits d’approvisionnement et entraîne une flambée des prix alimentaires.
Le PAM indique que 1,3 million de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer à la recherche de nourriture et d’abris. Des milliers de familles survivent entassées dans des écoles et des bâtiments publics, privées de revenus et d’accès à l’éducation. Plus de la moitié des déplacés sont des enfants, ce qui contribue à une hausse alarmante des cas de malnutrition dans les quartiers de la capitale dépourvus de services de base.
Faute de financements, l’agence a suspendu la distribution de repas chauds aux nouveaux déplacés et réduit de moitié les rations alimentaires. Pour la première fois, le PAM n’a pas pu prépositionner de stocks pour répondre à un éventuel désastre naturel en pleine saison cyclonique. « Aujourd’hui, plus de la moitié des Haïtiens n’ont pas assez à manger. Avec le niveau actuel des financements, nous peinons à empêcher la famine de s’installer », a averti Mme Kaaria, soulignant que « des enfants, des mères, des familles entières perdent espoir ».
Le PAM rappelle que la récente adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution créant une force multinationale renforcée pour Haïti constitue « un pas critique et bienvenu » vers la stabilité, mais insiste sur le fait que « les efforts de sécurité doivent aller de pair avec des investissements humanitaires et de développement accrus pour éviter un effondrement social encore plus large ».
Depuis janvier 2025, malgré l’insécurité extrême, le PAM affirme avoir apporté une assistance vitale à plus de 2 millions de personnes. Le programme poursuit également des initiatives de long terme, telles que les repas scolaires pour 600 000 élèves haïtiens, dont 70 % préparés avec des produits locaux, soutenant ainsi les agriculteurs et les fournisseurs haïtiens. L’organisation mène aussi des projets d’infrastructures communautaires, y compris dans des zones contrôlées par les gangs, pour restaurer les systèmes d’irrigation et relancer la production agricole.
Haïti demeure le seul pays du continent américain confronté à des niveaux de faim catastrophiques (IPC5), équivalents à des conditions de famine. Avec 5,7 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë, le pays fait partie des cinq crises alimentaires les plus sévères du monde.
« Haïti est à un moment crucial. Nous appelons les partenaires internationaux à renforcer leur soutien afin de fournir non seulement une assistance d’urgence vitale, mais aussi des programmes capables de s’attaquer aux causes profondes de la faim et de redonner espoir », a insisté Mme Kaaria. Le PAM estime avoir besoin de 139 millions de dollars américains pour les douze prochains mois afin de venir en aide aux familles les plus vulnérables.
L’organisation avertit que ces manques de ressources menacent non seulement des vies, mais également la stabilité nationale et régionale. « L’aide alimentaire est un filet de sécurité essentiel dans cet environnement explosif : elle sauve des vies aujourd’hui, mais elle réduit aussi le risque d’effondrement social, de déplacements massifs et de migrations forcées demain », conclut le PAM.
L’article original a été publié initialement en anglais sur: https://www.wfp.org/news/haiti-brink-violence-cuts-capital-pushing-families-towards-starvation-amidst-cuts-humanitarian