January 11, 2026 Rédaction Politique VBI
La récente sortie publique de Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), mettant en doute la crédibilité de Mgr Pierre André Dumas comme médiateur dans le processus de remplacement du Conseil présidentiel de transition (CPT), suscite de vives réactions dans l’opinion et relance le débat sur la place et le rôle du RNDDH dans la sphère politique haïtienne.
Port-au-Prince, 10 janvier 2026. —Intervenant dans les médias, Pierre Espérance a estimé que l’évêque de l’Anse-à-Veau et de Miragoâne ne présenterait pas les garanties de neutralité nécessaires pour conduire une médiation politique. Il invoque notamment une supposée proximité institutionnelle entre certains acteurs religieux et les autorités de transition.
Des critiques jugées sélectives par certains observateurs
Plusieurs analystes estiment toutefois que cette prise de position alimente des interrogations sur la cohérence du discours du directeur du RNDDH. Selon eux, certains acteurs politiques ou institutionnels font l’objet de critiques récurrentes, tandis que d’autres, parfois perçus comme tout aussi proches du pouvoir, sont rarement mis en cause publiquement.
Cette perception d’un traitement différencié nourrit l’idée que certaines interventions relèveraient davantage d’une lecture politique de la crise que d’une application uniforme des principes de neutralité et d’indépendance défendus par l’organisation.
Le RNDDH, un acteur influent du débat public
Depuis plusieurs années, le RNDDH occupe une place importante dans l’espace public à travers ses rapports, ses conférences de presse et ses interventions dans les débats institutionnels. Si sa mission première reste la défense et la promotion des droits humains, certains observateurs soulignent que l’organisation s’est progressivement affirmée comme un acteur politique de fait, en raison de son influence médiatique et de son implication dans les discussions liées à la gouvernance et aux transitions politiques.
Dans ce contexte, la position de son directeur appelant à évaluer la légitimité d’autres acteurs à intervenir dans le processus politique est perçue par certains comme source de contradiction.
Accusations de corruption et débat sur la transition
Dans ses interventions, Pierre Espérance évoque également des soupçons de corruption concernant certains membres du Rassemblement des non-alignés (REN), qu’il associe à la dynamique actuelle de la transition. Ces déclarations sont contestées par des acteurs politiques qui dénoncent une généralisation jugée excessive et estiment que ce type d’argumentation contribue à durcir les clivages dans un contexte déjà marqué par une forte polarisation.
Un débat qui reflète la fragilité du processus de transition
Cette controverse intervient alors que plusieurs initiatives de médiation sont envisagées à l’approche de la fin du mandat du CPT, fixée au 7 février 2026. Dans un environnement institutionnel fragile, les divergences sur les mécanismes de sortie de crise illustrent les difficultés à établir un consensus minimal entre acteurs politiques, société civile et institutions religieuses.
Si le RNDDH continue de se positionner comme un acteur critique du processus de transition, les réactions suscitées par la dernière sortie de son directeur montrent que sa posture publique fait désormais l’objet d’un débat ouvert, tant sur le fond que sur la méthode.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
WASHINGTON, dimanche 11 janvier 2026 (RHINEWS)-La mort de Renée Nicole Good, abattue le 7 janvier à Minneapolis par un agent fédéral de l’immigration (ICE), s’inscrit dans un contexte plus large de violences policières aux États-Unis, marqué par un nombre élevé de décès civils et un très faible taux de poursuites et de condamnations judiciaires à l’encontre des agents impliqués, selon les données compilées par des organismes indépendants, des archives judiciaires et des enquêtes de médias nationaux.
Renée Nicole Good, 37 ans, mère de trois enfants et observatrice bénévole d’opérations migratoires, a été tuée lors d’une intervention d’ICE dans le Minnesota. Les autorités fédérales ont affirmé que l’agent avait agi en légitime défense, tandis que des responsables locaux et des élus du Minnesota ont publiquement contesté cette version, estimant que la victime ne représentait pas une menace immédiate au moment des tirs. Une enquête fédérale est en cours, sans inculpation annoncée à ce stade, tandis que des manifestations ont eu lieu à Minneapolis et dans plusieurs grandes villes américaines.
Selon les bases de données indépendantes telles que Mapping Police Violence, The Washington Post et Police Violence Report, plus de 1 000 personnes sont tuées chaque année par les forces de l’ordre aux États-Unis depuis plus d’une décennie. Les estimations font état d’environ 1 100 à 1 200 décès annuels entre 2013 et 2019, d’environ 1 150 à 1 200 décès par an entre 2020 et 2022, de près de 1 190 morts en 2023 et d’un record estimé entre 1 270 et 1 365 décès en 2024. Pour l’année 2025, plus de 1 000 décès avaient déjà été recensés avant la fin de l’année, selon des chiffres provisoires.
La grande majorité de ces morts, environ 95 à 96 % selon les années, résultent de l’usage d’armes à feu par les forces de l’ordre. Chaque année, plusieurs dizaines de personnes non armées figurent parmi les victimes. Les données officielles fédérales restent incomplètes, les programmes de recensement reposant sur des déclarations volontaires des services de police, ce qui conduit, selon des études universitaires, à une sous-déclaration significative des décès imputables aux forces de l’ordre.
Sur le plan judiciaire, les poursuites pénales demeurent rares. Entre 2005 et 2020, environ 126 policiers ont été inculpés pour homicide ou meurtre à la suite de décès survenus en service, soit moins de huit inculpations par an, alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été tuées par la police sur la même période.
Parmi ces inculpations, seules quelques condamnations pour meurtre ont été prononcées, la majorité des procédures se soldant par des acquittements, des abandons de charges ou des condamnations pour des infractions moindres. Des affaires emblématiques, telles que la condamnation de Derek Chauvin pour la mort de George Floyd en 2020 à Minneapolis, celle de Kim Potter pour la mort de Daunte Wright en 2021 ou celle de Mohamed Noor pour la mort de Justine Damond en 2017, constituent des exceptions dans un ensemble largement marqué par l’absence de sanctions pénales.
D’autres cas très médiatisés, notamment ceux de Breonna Taylor à Louisville en 2020, de Ronald Greene en Louisiane en 2019 ou de Tyre Nichols à Memphis en 2023, ont suscité une forte mobilisation nationale et des débats sur la responsabilité policière, avec des issues judiciaires variables, allant de poursuites fédérales ciblées à l’absence totale de condamnations dans certains dossiers.
Les autorités locales et fédérales réagissent de manière contrastée à ces affaires. Les responsables municipaux et étatiques réclament régulièrement des enquêtes indépendantes et une transparence accrue, tandis que les autorités fédérales invoquent fréquemment la légitime défense et les cadres juridiques protégeant les agents en service. Des organisations de défense des droits civiques soulignent que moins de 1 % des décès causés par la police donnent lieu à des poursuites pénales et que la proportion de condamnations est encore plus faible.
Les analystes estiment que la persistance d’un nombre élevé de morts, combinée à la rareté des sanctions judiciaires, alimente un sentiment d’impunité et une défiance durable entre certaines communautés et les forces de l’ordre. Dans ce contexte, le cas de Renée Nicole Good est devenu, selon plusieurs observateurs, un nouveau point de cristallisation du débat national sur l’usage de la force, la valeur de la vie humaine et les mécanismes d’imputabilité policière aux États-Unis.
January 6, 2026 Vant Bef Info brèves VBI
Certains signataires de l’Accord Montana ont qualifié mardi 6 janvier 2026 le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) d’« échec total » lors d’une conférence de presse à l’hôtel Kinan, à Pétion-Ville. Le CPT, instance mise en place pour assurer la transition politique en Haïti, est actuellement au centre de critiques venant de ses propres architectes.
Signé le 30 août 2021, l’Accord Montana se présentait comme un projet de consensus national visant à restaurer la souveraineté haïtienne, améliorer la gouvernance et préparer des élections libres et transparentes.
Près de vingt mois plus tard, les résultats sont jugés insuffisants :
pas d’amélioration notable des conditions de vie de la population ;
aucune avancée sécuritaire permettant l’organisation d’élections crédibles ;
aggravation de l’insécurité, de l’impunité, de la corruption, de la misère et du chômage.
Le professeur et sociologue Delson Cius, signataire de l’Accord Montana, a déclaré que le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé n’a pas rempli ses missions fondamentales, notamment la sécurisation du pays, la mise en œuvre de réformes institutionnelles et constitutionnelles et l’organisation d’élections.
« Rien, absolument rien, n’a été fait dans ce sens », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que la structure même du CPT, composée de neuf membres issus d’horizons divers, a contribué à la paralysie de l’exécutif.
Une critique tardive et partielle …
Plusieurs observateurs soulignent la contradiction de ces critiques, puisque les signataires de l’Accord Montana avaient accepté la composition et le fonctionnement du CPT lors de sa creation.
Relance et consultations nationales …
Face à cette situation, l’Assemblée de l’Accord Montana a annoncé vouloir relancer le projet selon son esprit initial. Francisco Alcide, autre signataire, a indiqué qu’un processus de consultations nationales sera lancé, incluant universités, organisations paysannes, secteurs professionnels, confessions religieuses et pratiquants du vodou.
Il a également insisté sur la nécessité de défendre la souveraineté nationale et de limiter l’influence étrangère dans la désignation des dirigeants, tout en soulignant que le CPT avait été largement soutenu par la communauté internationale.
Cohérence politique et responsabilité historique …
Selon les observateurs, le succès de cette relance dépendra de la capacité des signataires à clarifier leurs objectifs, à assurer la cohérence politique et à respecter le socle idéologique de l’Accord Montana.
« Haïti est un pays souverain. Le peuple haïtien ne peut plus accepter que ses dirigeants soient désignés par des puissances étrangères », a conclu Francisco Alcide.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
Samuel Celiné, Radio graphie
La Police Nationale d’Haïti annonce avoir procédé, le mercredi 7 janvier 2026, à l’arrestation du nommé Joseph Cedernier alias Djo, à Quartier Morin, dans le département du Nord.
Ce dernier, selon la PNH, a été arrêté pour avoir importé des armes et des munitions dans le pays. En effet, le mardi 6 janvier dernier, des agents de la Brigade de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants (BLTS) du Nord, assistés par la Brigade de surveillance douanière et des douaniers locaux, avaient réalisé une opération ciblée au Cap-terminal S.A 2 (C.T.S.A 2) de Quartier Morin.
Lors de cette intervention, 9 pistolets de marques et calibres variés (S&W, Luger, Bryco Arms, SCCY, KAHR, Palmetto, Springfield), neuf (9) chargeurs, ainsi que 5 500 cartouches de calibre 7.62×39 ont saisis.
Haïti Standard, le 8 janvier 2026.
La Police Nationale d'Haïti (PNH) a saisi un arsenal dans l'après-midi du 7 janvier, dans le quartier du Bel-Air. Les éléments retrouvés dans une maison, située derrière celle du chef de gang Jamesley, comprennent un fusil M4, un gilet pare-balles, un casque balistique et des chargeurs. Un homme, une femme et deux (2) enfants se trouvaient sur place.
Cette intervention fait partie d’une série d’actions continues et ciblées menées par la PNH ces derniers jours dans les quartiers sensibles de Bel-Air et de Bas-Delmas. L’objectif est de démanteler les réseaux criminels en frappant directement leurs cachettes et leurs ressources logistiques.
Les opérations répétées dans ces secteurs commencent à porter leurs fruits, comme en témoigne cette saisie concrète d’armes de guerre. Ce résultat tangible démontre l’efficacité et la détermination des unités de la PNH à rétablir l’ordre et à perturber les activités des gangs armés dans la capitale haïtienne.
HS/Haïti Standard